Un jeune réfugié syrien dans un camp à Arsal au Liban le 23 octobre 2014
Un jeune réfugié syrien dans un camp à Arsal au Liban le 23 octobre 2014 - Maya Hautefeuille AFP

Quelques progrès, mais peut mieux faire. Dans son rapport annuel publié ce mercredi sur la situation des droits humains en 2014, Amnesty International épingle la France pour son accueil des réfugiés syriens.

En octobre 2013, François Hollande avait annoncé que 500 d’entre eux, identifiés comme particulièrement vulnérables, seraient réinstallés en France en 2014. A la fin de l’année, entre 300 à 350 l’avaient été, et presque tous le sont depuis. S’il salue l’initiative française, Jean-François Dubost, responsable du programme «Personnes déracinées» à Amnesty International France, déplore cependant un délai «beaucoup trop long». «La procédure a été plutôt bien pensée, mais elle n’est pas assez rapide vu la situation sur place».

Les pays frontaliers de la Syrie, déchirée par la guerre, sont débordés par l’afflux de réfugiés syriens (plus de 3 millions de personnes, selon l’ONU), qui survivent dans des conditions précaires. Près de 380 000 d’entre eux ont été identifiées comme ayant besoin d’une réinstallation par l’agence des Nations unies pour les réfugiés.

La France devrait quant à elle en accueillir 500 autres prochainement. Trop peu, selon Amnesty. «Le grand scandale, c’est le nombre de réfugiés syriens que la France propose d’accueillir, s’indigne Jean-François Dubost. Mille personnes en tout, ce n’est pas assez. La France ne s’illustre pas par sa solidarité avec les pays voisins de la Syrie». A la différence de l’Allemagne et la Suède, qui en a accueilli bien plus - respectivement 70.000 et 30.000.

85 Syriens interpellés

Parallèlement à ce programme d’accueil, la France a choqué en interpellant 85 Syriens à leur arrivée à la gare de Lyon le 27 mars 2014. «Ils n’ont pas eu la possibilité de demander l’asile et se sont vus notifier une obligation de quitter le territoire français dans un délai d’un mois», rappelle le rapport.

«A notre grande surprise, la France leur a notifié une mesure d’éloignement. Et comme en fait elle ne pouvait pas les renvoyer dans leur pays d’origine, où ils risquaient de mourir, elle les a laissés dans la nature», explique Jean-François Dubost. Certains ont atterri au parc de Saint Ouen, d’autres ont disparu, mais la plupart sont parties en Allemagne ou en Suède.

2.500 migrants dans la région de Calais

Amnesty International dénonce ainsi l’utilisation de mesures de contrôle migratoire sur ces populations, que la France «devrait au contraire protéger». «On peut faire le parallèle avec les migrants de Calais. Des mesures d’éloignement sont prises alors qu’on sait que les personnes concernées ne pourront pas être renvoyées dans leur pays d’origine, trop dangereux», souligne le responsable à Amnesty.

2.500 migrants et demandeurs d’asile venant essentiellement d’Afghanistan, d’Erythrée, d’Ethiopie et de Syrie vivent aujourd’hui dans la région de Calais «dans des conditions extrêmement dures», souligne le rapport.

Si l’ONG salue des «actes du gouvernement allant dans le bon sens», en particulier avec le projet de réforme du droit d’asile, elle appelle à faire preuve de «plus de courage et de solidarité» pour accueillir les réfugiés syriens.

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