Illustration de la rentrée scolaire en école élementaire.
Illustration de la rentrée scolaire en école élementaire. - SERGE POUZET/SIPA

Conséquence de la réforme territoriale, les zones des vacances scolaires doivent être redéfinies, a annoncé ce mardi la ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, précisant qu’elle dévoilerait ce nouveau découpage au printemps prochain. 20 Minutes passe en revue les pistes avancées par les différents acteurs.

Ce que dit le ministère

Najat Vallaud-Belkacem a indiqué ce mardi qu’elle menait une réflexion «plus large que celle de la date de rentrée scolaire» [qui pourrait être décalée du lundi 31 août au mardi 1er septembre], en consultation avec la communauté éducative sur d'éventuels changements des calendriers. Elle a précisé que «les conséquences de la réforme territoriale par exemple vont modifier les zones de vacances scolaires», en raison du regroupement de certaines régions, ajoutant que cette réflexion intégrerait aussi  la question «des vacances de printemps».

Ce que demandent les professionnels du tourisme

Les vacances de printemps, qui débordent sur le mois de mai, affectent en effet certains professionnels du tourisme. Ainsi, le PDG de la Compagnie des Alpes, Dominique Marcel, avait estimé en octobre que cela avait fait perdre aux stations de ski 3% de leurs recettes ces dernières années, et avait évoqué 30.000 emplois menacés, rappelle l’AFP. «Ces vacances tardives sont décriées par les stations de ski, mais sont favorables aux stations balnéaires, où il y a un transfert de clientèle», note Didier Arino, directeur du cabinet de conseil Protourisme.

Il précise que le zonage des vacances, notamment d’hiver, a permis aux stations de ski de «beaucoup mieux remplir, en évitant les pics de fréquentation», et se prononce en faveur d’un zonage des vacances d’été. «Cela permettrait d’échelonner entre en gros le 20 juin et le 10 septembre, d’éviter les pics de fréquentation (en août notamment), et de permettre à plus de familles de partir en vacances».

Ce que demandent parents d’élèves et syndicats d’enseignants

Tous sont vent debout contre le zonage des vacances d’été. «C’est absolument impossible, pour Frédérique Rolet, cosecrétaire générale du SNES (second degré). On tient à ce que le bac reste national, avec les mêmes épreuves au même moment. De plus, les procédures d’orientation se font au même moment pour des questions de places dans les établissements, sans compter que certains élèves travaillent, et qu’il faut aussi prendre en compte la problématique des familles recomposées ne vivant pas forcément dans la même zone.»

Valérie Marty, la présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) confirme: «Les parents, qui ont des contraintes professionnelles, ne veulent pas en entendre parler. L’été, c’est la période où on se retrouve en famille.»

Autre point d’accord: les trois zones de vacances qui «déstabilisent l’année scolaire», selon Valérie Marty. Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp (premier degré), abonde, expliquant: «Lorsqu’ils font partie de la première zone, les élèves ont un troisième trimestre extrêmement long. Pourquoi ne pas passer à deux zones, ce qui permettrait de rééquilibrer périodes de cours et périodes de congés (normalement respectivement 7 semaines et 2 semaines)?»

Précisant qu’il n’est pas demandeur d’une révision du calendrier 2015 ou de la date de reprise en août, le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc) demande enfin «que la ministre, qui a surtout évoqué les nouvelles contraintes administratives et les intérêts économiques du secteur touristique plutôt que l’intérêt des enfants, clarifie au plus vite les choses pour que les familles et les enseignants puissent y voir plus clair et s’organiser en conséquence».

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