Des hommes armés devant l'immeuble de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015
Des hommes armés devant l'immeuble de Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015 - Anne Gelbard AFP

Plus d'un mois après les attentats de Paris, les complotistes continuent d'alimenter Internet en fantasmes. Le journaliste Martin Boudot peut en témoigner. Sur Facebook et sur le site du Plus de L'Obs dimanche, il a publié un long droit de réponse à un article de Panamza, site dit «alternatif», l'accusant d'avoir trafiqué une de ses vidéos.

Martin Boudot travaille à l'agence «Premières lignes», dont les locaux sont situés dans le même bâtiment que ceux de Charlie Hebdo. A ce titre, il a vécu en direct le massacre qui a fait 12 morts. Ce jour-là, il s'est refugié sur le toit du bâtiment et a pu tourner les premières images. On y voit les frères Kouachi, dans la rue, tirer sur des policiers.

Trois arguments erronés

Panamza remet en cause cette séquence, devenue célèbre, en se fondant principalement sur trois arguments totalement erronés.

  • Le fait que Martin Boudot apparaisse lui-même sur la vidéo alors qu'il est censé filmer. Problème: comme l'indique le journaliste, le site se trompe entre deux vidéos: l'une tournée par lui-même et l'autre par son collègue, également réfugié sur le toit et donc témoin.
     
  • Le fait que Martin Boudot ait publiquement dit qu'il connaissait l'homme de la maintenance tué, Frédéric Boisseau, alors que c'était son premier jour. Problème: au moment de ses déclarations, on ignore encore l'identité de la victime et le journaliste croit qu'il s'agit du responsable de la maintenance habituel. «Quel serait l'intérêt pour nous de mentir sur ce point? J'ai beau essayé de vous suivre mais à votre avis, on couvre qui exactement en mentant? Les juifs? La DGSE ? Sodexo ? Rastapopoulos?», s'étrangle Martin Boudot.
     
  • Le fait que la vidéo de Martin Boudot ait été relayée en mauvaise qualité auprès des médias français et de bonne qualité auprès du site américain Vice News. L'explication est toute simple: aux premiers, le journaliste a transféré la séquence par mail, «du coup, la qualité a été compressée». Au second, il a pu l'envoyer en qualité optimale.

«L'addition de fausses infos ne fait pas une vérité»

S'ajoute aussi la question de la présence d'un employé polonais sur la scène, un argument encore irrationnel car son existence n'a jamais été niée par le journaliste.

Dans son droit de réponse, Martin Boudot, qui n'a même pas été contacté par le site, se demande si Panamza ne profite pas des peurs «pour vendre sa salade» ou s'il est si tellement ancré dans la théorie du complot primaire qu'il en «oublie les faits». «L'addition de fausses informations ne fait pas une vérité», déplore-t-il.

De son côté, Panamza n'a toujours pas publié le droit de réponse à sa prétendue exclusivité. Le site est tenu par Hicham Hamza, connu notamment pour avoir suggéré qu'Israël se cachait derrière les attentats du 11 septembre, rapporte Rue89.

Les fausses rumeurs démontées par 20 Minutes sont à retrouver dans cette vidéo et ici :

Mots-clés :