Apologie du terrorisme: Un enfant de 8 ans entendu par la police à Nice

JUSTICE La police affirme qu'aucune plainte n'a été déposée, ce que contredit l'avocat...

O.G. et P.B., avec AFP

— 

Illustration policiers unicipaux

Illustration policiers unicipaux — A. GELEBART / 20 MINUTES

A 8 ans aussi, on peut être entendu pour «apologie d’acte de terrorisme». Lors d'une audition libre ce mercredi au commissariat de Nice (Alpes-Maritimes), Ahmed, 8 ans, a été entendu par la police, révèle le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF). Selon Nice Matin, il aurait lancé: «Je ne suis pas Charlie, je suis avec les terroristes.»

Au lendemain de l'attentat contre Charlie Hebdo, le 8 janvier, l'enfant, en classe de CE2, est interrogé par son instituteur, qui lui demande s'il «est Charlie», affirme le CCIF. De confession musulmane, il «s'oppose» aux caricatures de Mahomet et, selon l'organisation, aurait «répondu naïvement» qu'il était «du côté des terroristes».

Selon le directeur départemental de la sécurité publique, Marcel Authier, l'enfant avait également refusé d'observer une minute de silence et de participer à une ronde de solidarité dans son école primaire.

Pas de plainte, affirme la police

«Dans le contexte actuel, le directeur de l'école a décidé de signaler ce qui s'est passé à la police», précise le commissaire Authier, en notant qu'il ne s'agit aucunement d'une plainte. «On a convoqué l'enfant et son père pour essayer de comprendre comment un garçon de 8 ans peut être amené à tenir des propos aussi radicaux».

L'enfant a été entendu pendant 30 minutes, puis a joué avec des jouets pendant l'audition de son père, civilement responsable. «Visiblement, l'enfant ne comprend pas ce qu'il a dit. On ne sait pas où il est allé chercher ses propos», selon le directeur départemental de la sécurité publique.

«La police ment», dénonce l'avocat

L'avocat de l'enfant et des ses parents, Me Sefen Guez Guez, a tweeté sa colère dans la soirée depuis le compte @IbnSalah.

La police affirme qu'aucune plainte n'a été déposée, ce que contredit l'avocat. Selon lui, «l'enfant est poursuivi pour apologie d'acte de terrorisme. C'est écrit noir sur blanc sur le PV que j'ai signé. La police ment.» Il précise également que le père, qui cherchait à calmer l'enfant, est poursuivi pour «intrusion dans l'établissement», et que les parents ont expliqué à leur fils que «le terrorisme, c'est mal» et condamné ses propos.

Selon le CCIF, l'enfant, diabétique, a rapporté «la privation de son insuline par le corps enseignant». Le collectif et l'avocat affirment encore que le directeur de l'établissement aurait lancé à l'enfant, qui jouait dans le bac à sable : «Arrête de creuser dans le sable, tu n'y trouveras pas de mitraillette pour tous nous tuer.»