Une femme au centre d'orthogénie de la maternité des Lilas en janvier 2013.
Une femme au centre d'orthogénie de la maternité des Lilas en janvier 2013. - DURAND FLORENCE/SIPA

Ce samedi, le 17 janvier, il y aura quarante ans que la loi dépénalisant le recours à l’avortement entrait en vigueur. A l’occasion de cet anniversaire, une étude de l’Ined analysant l’évolution du recours à l’IVG parait ce jeudi. 20 minutes revient sur les cinq réalités de l’IVG en France.

220.000 avortements sont pratiqués chaque année

Cela représente une grossesse sur cinq, selon les statistiques du ministère de la Santé. Un chiffre stable depuis 2006 après une dizaine d’années de hausse entre 1995 et 2006. «Cette stabilité s’explique par la meilleure couverture contraceptive des Françaises. Même s’il faut souligner la persistance d’inégalités sociales et régionales aux soins et donc à la contraception», souligne Magali Mazuy, chercheuse à l’Ined. Conséquence: les taux d’IVG sont plus élevés qu’ailleurs dans les départements d’outre-mer (DOM), en Île-de-France et dans le sud de la France.

Entre 1996 et 2011, l’IVG chez les jeunes femmes a augmenté

«Car la période qui sépare les premiers rapports sexuels et l’installation dans une vie de couple s’est allongée. Du coup, pendant cette période qui dure environ une dizaine d’années, les jeunes femmes ont des relations sexuelles plus épisodiques, avec une utilisation non systématique des moyens de contraception, ce qui renforce les risques d’une grossesse non désirée», explique Laurent Toulemon, chercheur à l’Ined. Par ailleurs, «on assiste à une marginalisation grandissante des grossesses adolescentes, ce qui incite davantage de jeunes femmes à avorter lorsque leur grossesse n’est pas désirée», ajoute  Magali Mazuy.

27,5 ans, c’est l’âge moyen auquel les femmes avortent

«Depuis la légalisation de l’IVG, les jeunes femmes se sentent plus libres de ne pas mener une grossesse imprévue. D’autant que la réprobation du corps social et médical est moindre qu’autrefois», commente Laurent Toulemon. Et avec l’allongement de la durée des études et une entrée sur le marché du travail plus tardive, les jeunes femmes n’hésitent plus à différer le moment où elles deviendront mères.

Les IVG interviennent avant la fin de la 7 eme semaine de grossesse

La durée moyenne de grossesse lors d’une IVG a diminué avec les années: 6,4 semaines de grossesse en 2011, contre 7,1 en 2002. «Cela s’explique par la diffusion de l’IVG médicamenteuse (qui est la méthode utilisée désormais dans plus de la moitié des avortements). De nombreuses femmes retournent chez elles pour l'expulsion après avoir pris des médicaments », souligne Laurent Toulemon.

33% des femmes avortent au moins une fois dans leur vie

Parmi ces 33% la proportion des femmes ayant recours plus d’une fois à l’IVG reste faible en France: 9,5% des femmes ont recours deux fois à l’IVG et 4% trois fois ou plus au cours de leurs vie. «La couverture contraceptive des Françaises est meilleure que dans les années 70. Mais il existe encore des accidents de contraception, soit parce que certaines femmes prennent leur pilule de façon irrégulière. Soit parce qu’elles ont des relations sexuelles épisodiques avant de se mettre en couple et qu’elles n’utilisent pas systématiquement de moyen de contraception. Soit parce qu’il arrive des accidents de préservatifs ou que leur partenaire a refusé d’en utiliser», explique Laurent Toulemon.

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