De nombreux clients étaient au Furet du Nord dès l'ouverture pour acheter "Charlie Hebdo".
De nombreux clients étaient au Furet du Nord dès l'ouverture pour acheter "Charlie Hebdo". - M.Libert / 20 Minutes

La France se lève au chant du kiosque. Le Charlie Hebdo des survivants s’est arraché dans tous les points de vente de l'hexagone. Ce mercredi, avant 10 heures, le nouveau numéro du journal satirique était déjà épuisé dans les 27.000 points de vente de presse, a indiqué l'Union nationale des diffuseurs de presse (UNDP). 700.000 exemplaires ont été livrés ce matin, alors qu’un million d'exemplaires devrait être acheminé vers les points de presse dans la journée.

La cohue à Lille ce matin dans notre reportage vidéo ci-dessous

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Les kiosques ont été pris d’assaut par des acheteurs impatients. La pénurie a donné lieu parfois à des scènes d’hystérie collective. A Dijon, par exemple, le kiosque de Sainte-Chantal a dû être évacué, non sans mal, par la police. Des clients avaient insulté la vendeuse, qui a décidé de baisser le rideau, rapporte le Bien Public.

A Vierzon (Cher), même combat. Dès l’ouverture de leurs magasins, les kiosquiers reçoivent des insultes de la part de ceux qui n'ont pu acheter le précieux sésame. Les responsables indiquent au berry.fr avoir hésiter à «fermer la boutique et laisser les gens se battre sur le trottoir».

Les coups de poing volent

Comme un premier jour de soldes, des clients téméraires se sont glissés sous le rideau de fer, qui s'ouvrait à peine, ce matin, dans une supérette du XXe arrondissement de Paris. «Vous n’avez pas honte? C’est le retour à Cro-Magnon!», a lancé le vendeur, débordé. «Sous les invectives, certains arrachent Charlie des mains de leur voisin ou de leur voisine. Quelques coups de poing volent», rapporte l’AFP.

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Scène tout aussi surréaliste à la gare Saint-Jean de Bordeaux. «Ils se sont battus pour sauter leur tour. Et une femme s'est même approchée de ma caisse pour essayer de m'acheter avec un billet de 10 euros, vraiment n'importe quoi!», se désole un kiosquier à l’AFP. Sur Twitter, plusieurs internautes ont relayé des scènes similaires.

Que les malheureux se rassurent, l'éditeur a décidé de porter le tirage de 3 à 5 millions d'exemplaires. La vente s'étalera en France sur huit semaines.

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