Le lit, ce théâtre de la vie du couple

COUPLE Entre rituels et petites manies, le lit conjugal est considéré comme le baromètre de la santé du couple...

Anissa Boumediene

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Un couple au lit avec une tablette et une télévision.

Un couple au lit avec une tablette et une télévision. — Mood Board / Rex Featur/REX/SIPA

C’est là que se jouerait «la destinée du couple». Là encore que se livre chaque nuit une «tendre guerre»: le lit conjugal, où le couple dort, mais pas seulement. C’est tout l’objet d’Un lit pour deux. Une tendre guerre* (JC Lattès), le dernier ouvrage du sociologue Jean-Claude Kaufmann, qui à travers quelque deux cents témoignages recueillis dresse un état des lieux du lit d’aujourd’hui, théâtre de scènes de vie du couple, qui y dort, y lit, y travaille, y mange et y fait l’amour.

>> Lire ici l'interview de Jean-Claude Kaufmann

Le miroir des petites manies

Chacun sa façon d’occuper le terrain. Côté fenêtre, sur le ventre, à moitié assis, la main sous l’oreiller, roulé dans la couette, nu ou encore dans le noir complet : quand vient l’heure de dormir, le lit est le miroir de toutes nos petites manies. Et des manies de l’autre, qui peuvent vite rendre dingue. Entre ceux qui viennent coller leurs pieds congelés contre leur amoureux pour se réchauffer, ceux qui ont l’art «de rentrer dans le lit en faisant un grand courant d’air» alors qu’on était bien emmitouflé sous la couette et les gigoteurs intempestifs en quête de la bonne position, dormir du sommeil du juste peut devenir une croisade difficile à mener. D'autant que télévision et autre tablette tactile utilisées avant le coucher ne facilitent pas la tâche.

Le lit gagne des centimètres

Vingt centimètres. C’est en moyenne ce que gagne le lit tous les quinze ans. Un peu étriquée, la couche conjugale s’élargit à chaque changement de literie. Des dimensions qui traduisent les aspirations du couple au fil du temps. D’abord lovés l’un contre l’autre, les amants finissent par avoir envie d’espace et de confort. «Au début de leur histoire, des amoureux peuvent passer des nuits entières enlacés dans les bras l’un de l’autre, sans même se rendre compte qu’ils ont les épaules ankylosées et que ce n’est pas forcément très confortable», explique Jean-Claude Kaufmann. Car dormir à deux répond au besoin d’être proche de l’autre. Mais avec le temps vient la contradiction avec l’aspiration au bonheur personnel, qui passe par un bon sommeil. Pour certains, la solution, c’est de faire chambre à part.

L’attachement au rituel

Mais si les conjoints de ronfleurs ou de tireurs de couette restent le plus souvent dans le lit conjugal, c’est par attachement au rituel qu'il appelle. Rires, gestes tendres et autres confidences sur l’oreiller trouvent leur place dans le lit, qui devient la bulle du couple, comme dans un cocon coupé du monde. Un besoin que de nombreux témoins racontent au sociologue, évoquant, au-delà du sexe, le plaisir de partager «des moments de grande rigolade et de complicité».

Un lit pour deux. Une tendre guerre* (JC Lattès), à paraître le 14 janvier.

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