Des policiers de la BAC 19 en place sous un pont autoroutier porte de la Villette ce jeudi midi.
Des policiers de la BAC 19 en place sous un pont autoroutier porte de la Villette ce jeudi midi. - Photo F.Pouliquen / 20 Minutes

Il n’y a pas que des #JesuisCharlie à fleurir sur les réseaux sociaux depuis mercredi soir. Des #Jesuisahmed aussi apparaissent, ici ou là, comme pour rappeler que les journalistes ne sont pas les seuls, dont la profession est meurtrie par les fusillades de ce mercredi et jeudi. Les policiers aussi ont perdu des agents. Trois pour être précis. Deux mercredi, lors de la fusillade au siège de Charlie Hebdo et dans la course-poursuite qui s’en est suivi. Et une policière municipale, ce jeudi matin à Montrouge (Hauts-de-Seine).

>> Fusillade à «Charlie Hebdo»: Une policière raconte Ahmed, «un superbe collègue, toujours volontaire»

«Tristes et choqués»

«Forcément, on y pense», glisse un policier de la Brigade anti-criminalité (BAC) du 19e arrondissement. Il était déployé ce jeudi depuis 10h30, avec une vingtaine d’autres collègues porte de la Villette (19e), par où les deux auteurs présumés de la fusillade de Charlie Hebdo étaient susceptibles de faire leur entrée à Paris. «Bien sûr nous étions tristes ce matin, poursuit-il. Et très choqués par les images diffusées sur le web du meurtre d’Ahmed, le policier du 11e arrondissement abattu boulevard Richard-Lenoir. On ne peut jamais être totalement prêt à faire face à des événements aussi exceptionnels. Il y a toujours de la surprise».

«Vous noterez le professionnalisme de mes collègues»

A l’UNSA-Police, l’un des deux principaux syndicats policiers, Christophe Crépin, responsable des relations presse, insiste pour autant sur la dignité dont font preuve les policiers dans leur deuil depuis mercredi soir. «La profession est touchée, meurtrie, fait-il remarquer. Mais vous noterez le professionnalisme de mes collègues. Ils étaient tous en poste ce matin.» Avec la peur au ventre? «Non, indique le policier de la BAC du 19e. Juste plus prudent encore que d’habitude.»

«Bientôt le temps de la colère» 

«Il y a eu le temps de l’émotion, mercredi soir à 18h lorsque les policiers de France se sont recueillis devant les commissariats, poursuit Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance. Nous sommes en ce moment dans le temps de l’action jusqu’à ce que les auteurs présumés de la fusillade soient interceptés. Ensuite, il y aura le temps de la colère.»

Car pour Frédéric Lagache, les événements de ces deux derniers jours laissent de nombreuses questions en suspens. «En particulier sur les moyens donnés aux policiers pour lutter contre ce terrorisme moderne. En face, les terroristes ont beaucoup évolué ces dernières années. Ce n’est plus une délinquance d’opérette. Ils sont lourdement armés, très déterminés, veulent tuer. Nous ne demandons bien sûr pas un permis de tuer. Mais nous devons être mieux équipés, mieux armés. Nous le disons depuis plusieurs années.» 

Mots-clés :