Attaque à «Charlie Hebdo»: «Charb a dû se lever pour leur faire un bras d'honneur avant d'être abattu», déclare Patrick Pelloux

REACTION L'urgentiste et chroniqueur à «Charlie Hebdo», Patrick Pelloux a réagi ce jeudi sur France Inter à l'attentat qui a visé le siège de l'hebdomadaire...

Delphine Bancaud

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Pa janvier trick Pelloux, le 8 janvier 2015 sur i<Télé

Pa janvier trick Pelloux, le 8 janvier 2015 sur i<Télé — i<Télé/20 minutes

C'est en larmes, la voix brisée par l'émotion que l'urgentiste et chroniqueur à Charlie Hebdo, Patrick Pelloux, a rendu hommage sur France Inter ce jeudi à ses amis décédés hier dans la tuerie au siège du journal. «Je devais être à la conférence de rédaction», raconte-t-il, mais mercredi matin, il a été retenu à une réunion avec les urgentistes et devait arriver à midi au siège du journal.

A 11h30, il reçoit un coup de fil du graphiste de Charlie Hebdo qui lui dit «viens, on a besoin de toi, ils ont tiré. J'ai cru que c'était une blague». Aussitôt Patrick Pelloux est parti avec le médecin chef des pompiers de Paris et est arrivé rapidement car il était à 500 mètres de là. «Je ne vous décris pas ce que j'ai vu. Je vous décris plutôt ce que Charb aurait voulu que je vous dise: c'est qu'on ne va pas s'arrêter. Et ce que m'aurait dit Cabu: il faut qu'on sorte un journal encore meilleur. Donc on va le faire, je ne sais pas comment. On va l'écrire avec nos larmes», chuchote l'urgentiste. 

«J'ai pas pu les sauver», confie-t-il aussi à l'AFP, en pleurant ses collègues morts. Pour certaines victimes, «il n'y avait plus rien à faire parce qu'ils avaient tiré dans les têtes».

«C'étaient des hommes qui n'étaient pas racistes»

Revenant sur les opinions de ses camarades, Patrick Pelloux martèle: «C'étaient des hommes qui n'étaient pas racistes. Avant qu'ils se fassent abattre, leur débat c'était comment on lutte contre le racisme en France. Ils ont abattu des gens qui étaient en train de parler de la lutte contre le racisme (...) Il n'y a aucune haine contre les musulmans. Charlie Hebdo est laïc. On s'est toujours battu contre toutes les formes d'extrémisme, contre la connerie».

Revenant sur le drame, Patrick Pelloux imagine ce qui a pu se passer au micro de France Inter: «Je pense que Charb a dû se lever pour leur faire un bras d'honneur avant d'être abattu». «Dans la position où il est mort, il était enchevêtré dans sa chaise, c'est comme s'il avait été abattu en se levant. Et je le connaissais bien, c'était mon frère, et je sais qu'il a dû leur faire ça...», précise-t-il à l'AFP.

Sur le plateau de iTELE, Patrick Pelloux a également raconté avoir joint François Hollande juste après l'attaque: «J'ai appelé le président, on me l'a passé et tout de suite, il a dit: "J'arrive"». «Le président avait voulu nous rencontrer quand il avait vu que le journal était en difficulté, cet été. On était allé le voir: le président voulait changer la loi de manière à ce que les journaux continuent à exister».

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