Des membres de la police scientifique recueillent des éléments le 20 décembre 2014 au commissariat de Joué-les-Tours
Des membres de la police scientifique recueillent des éléments le 20 décembre 2014 au commissariat de Joué-les-Tours - Guillaume Souvant AFP

Les policiers sont ciblés. Mais ils ne sont pas les seuls. Tous les services de l’Etat ont été appelés à une «extrême vigilance», ce lundi par François Hollande, au lendemain d’un week-end marqué par l’attaque d’un commissariat à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire). L’affaire est considérée par les autorités comme un «acte terroriste». L’agresseur, âgé de 20 ans, a été abattu après avoir tenté de tuer à l’arme blanche des policiers.

Les préfets et les policiers ont reçu du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, des consignes de sécurité. 20 Minutes s'est procuré la note de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) transmise aux préfets, résumant l'ensemble des mesures prises pour garantir la sécurité des forces de l'ordre.

 

Instruction de commandement DCSP

 

Deux types de consignes

«On ne fait pas de garde statique. En revanche, il est demandé de fouiller les sacs par exemple à l’entrée, ou de redoubler d’attention autour des commissariats», explique un policier. Les mêmes consignes ont été passées pour les gendarmeries.

Selon nos informations, deux types de recommandations ont été diffusés, certaines étant de niveau national, d’autres de niveau local. «Elles concernent aussi bien les policiers et gendarmes qui patrouillent en voie publique que l’accès aux établissements», explique une source ministérielle.

Port obligatoire du gilet pare-balles dans les commissariats

Parmi les mesures prises par les directeurs départementaux de la sécurité publique, figure celle d’utiliser «les moyens de protection personnelle et individuelle». «Les policiers doivent porter leur gilet pare-balles au sein même des locaux», détaille-t-on dans les Hauts-de-Seine. Par ailleurs, à l’accueil, les policiers doivent être au minimum deux.

A Cergy, dans le Val-d'Oise, le commissariat a mis en place depuis lundi un filtrage à l'entrée. «Nous demandons à ce que les gens nous déclinent leur identité avant de rentrer. Ensuite, nous faisons une inspection visuelle des sacs. Il s'agit d'un contrôle visuel, pas de fouille», détaille auprès de 20 Minutes le comissaire divisionnaire et chef du district de Cergy, Frédéric Laissy.

«Les policiers entraînés»

Outre les policiers, ce sont tous les acteurs de la sécurité de l’Etat qui sont potentiellement une cible. Bernard Cazeneuve a d’ailleurs demandé au directeur général de la sécurité civile et de la gestion de faire en sorte que les mêmes mesures soient prises «afin de garantir la sécurité des policiers municipaux et des sapeurs-pompiers, également exposés en raison de leur tenue d’uniforme».

Pas question cependant de céder à la panique, rappelle Christophe Crépin du syndicat Unsa-Police. «Les policiers ont toujours su s'adapter. Nous sommes entraînés à nous adapter à n'importe quelle situation.»

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