Joué-lès-Tours: Que sait-on de Bertrand Nzohabonayo alias Bilal, l'agresseur présumé?

FAITS DIVERS Bertrand Nzohabonayo a été tué samedi après avoir tenté de poignarder trois policiers à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire)...

O. G.

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Photo du HLM où vivait Bertrand Nzohabonayo chez sa sœur à Jou"-les-Tours

Photo du HLM où vivait Bertrand Nzohabonayo chez sa sœur à Jou"-les-Tours — AFP

Il se faisait appeler Bilal, mais son prénom était en réalité Bertrand. Un Français de 20 ans a été abattu samedi devant le commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) après avoir tenté de poignarder trois policiers au cri de «Allahou Akbar». Progressivement, le voile se lève sur l’identité de ce jeune extrémiste.

Qui était Bertrand Nzohabonayo?

Bertrand Nzohabonayo, qui se faisait appeler Bilal, avait 20 ans. Ce jeune Français, né au Burundi, a blessé violemment samedi à l'arme blanche, trois policiers au cri de «Allahou Akbar»: «Dieu est le plus grand», en arabe. Habitant Joué-lès-Tours mais «naviguant» entre les domiciles de sa sœur et d’autres membres de sa famille, selon le procureur de la République de Tours, Jean-Luc Beck, il était connu pour des petits délits (stupéfiants, extorsion, vols). D'après les premiers éléments de l'enquête Bertrand n'a laissé ni lettre, ni message. Sur les photos de lui qui circulent sur les réseaux sociaux, on distingue un jeune souriant, au crâne rasé et au collier de barbe noire fourni mais sans moustache. Le jeune homme aimait le rap, le football et la boxe.

Quand s’est-il radicalisé?

Selon Le Républicain Lorrain, le jeune homme s’était converti il y a un an et demi à l’islam. Mais ce n’est que quelques jours avant l’agression que Bilal avait «manifesté sa radicalisation», en affichant «un drapeau» de l’organisation de l'Etat islamique sur son compte Facebook, selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Plusieurs textes et slogans inspirés de l'islam radical étaient également visibles sur ce compte, qui n'était toutefois plus accessible dimanche soir.

Etait-il connu des services de police?

Il était «surveillé» par les services du renseignement territorial, mais n’était pas fiché comme islamiste radical par la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI), contrairement à son jeune frère, Brice. Ce dernier, qui aurait rejoint le Burundi, est connu pour ses positions radicales. Il avait même un moment envisagé de partir en Syrie, avant de renoncer. Raison de plus pour les services de renseignements de garder un œil sur Bilal.  

Loup solitaire ou action terroriste organisée?

Pourquoi une telle agression? «L'enquête révélera quel était son état psychologique», a souligné Bernard Cazeneuve, pour qui «le personnage semblait quand même à la fois très mystérieux, très déstabilisé, peut-être aussi par des circonstances familiales». Le parquet antiterroriste de Paris, saisi de l'affaire, devra déterminer si Bertrand Nzohabonayo a agi de sa propre initiative ou dans le cadre d'une action organisée. Daesh encourage les candidats au djihad à lancer des attaques contre les «infidèles», militaires, policiers ou même civils.

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