Grotte Chauvet: Vingt ans après, d'autres «découvreurs» sortent du bois

HISTOIRE Ils réclament la paternité de la découverte...

20 Minutes avec AFP

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Le 12 juin 2014, dans son atelier de Toulouse, l'artiste et chercheur Gilles Tosello travaille à la reproduction grandeur nature des fresques de la Grotte Chauvet dans l'Ardèche

Le 12 juin 2014, dans son atelier de Toulouse, l'artiste et chercheur Gilles Tosello travaille à la reproduction grandeur nature des fresques de la Grotte Chauvet dans l'Ardèche — Eric Cabanis AFP

Quasiment 20 ans jour pour jour après la découverte de la grotte Chauvet par trois spéléologues en Ardèche, classée en juin au patrimoine mondial de l'Unesco, plusieurs autres «découvreurs» ont revendiqué lundi leur participation, semant le trouble dans des accords financiers en cours.

Ces révélations - connues localement depuis plusieurs mois - ont été médiatisées lundi lors d'une conférence de presse en Ardèche, alors que les trois découvreurs officiels étaient sur le point de signer un accord financier avec le futur espace de restitution de la grotte Chauvet, qui ouvrira en avril sur les hauteurs de Vallon-Pont-d'Arc.

En vertu de cet accord, arraché au terme d'une longue saga judiciaire et un précédent document signé avec l'Etat en 2000, les trois «inventeurs», Eliette Brunel, Jean-Marie Chauvet et Christian Hillaire, devront percevoir 3% sur les entrées du futur musée.

On «leur crache dessus»

Ce lundi, plusieurs spéléologues avaient ainsi convié la presse à écouter leur version du dévoilement de la grotte, qui abrite les plus anciennes peintures rupestres connues à ce jour.

Selon eux, la grotte n'aurait pas été découverte d'un coup le 18 décembre 2014 - date officielle - par le trio Chauvet-Brunel-Hillaire, mais en trois étapes et en présence de plusieurs autres spéléologues. D'abord six mois avant, lorsque l'un d'eux, Michel Rosa, surnommé «Baba», accompagné de Jean-Marie Chauvet et d'autres amis, repèrent un «trou souffleur» dans une paroi du cirque d'Estre, à côté du Pont-d'Arc.

Selon Jean-Marie Chauvet, contacté par l'AFP, cette première approche de la grotte avait bien eu lieu à plusieurs, dont Baba, mais c'était en «mars-avril» et non en juin et Baba, selon lui, «avait poursuivi ses explorations d'autres grottes sans s'y intéresser plus que ça».

«Entre mars-avril et décembre 1994, pourquoi n'y sont-ils pas retournés? Ils ont laissé tomber, c'est pour cela que ça leur fait mal», avance Jean-Marie Chauvet qui regrette qu'on «leur crache dessus» aujourd'hui.

«Une moquerie»

Selon Daniel André, l'un des spéléologues qui ont participé à l'exploration du 24 décembre 1994 -troisième étape de la découverte- et jour de la découverte de la salle du fond, «c'est Baba qui a dégagé la grotte, il a fait 99% du travail de désobstruction, il comptait revenir!»

En tout, sept spéléologues ont annoncé lundi «ne rien demander» financièrement, estimant avoir été récompensés par cette découverte unique en soi. Par contre, a ajouté Daniel André, «on aimerait que l'Etat revienne sur l'accord (avec le trio officiel), et qu'il soit rompu, parce que c'est une moquerie».

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