Ilustration avec des drapeaux français
Ilustration avec des drapeaux français - SIPA/ MILIVOJEVIC/SIPA /

C’est ce lundi que François Hollande prononcera son premier grand discours sur l’immigration, dont il soulignera les aspects positifs. L’occasion pour 20 Minutes de revenir sur les a priori les plus courants sur le sujet.

1 L’immigration a explosé depuis dix ans

Faux selon François Gemenne, chercheur spécialiste des flux migratoires: «depuis huit ans, le nombre de permis de séjours délivrés en France est stable, soit 200.000 par an». Mais compte tenu des décès et des départs, la population immigrée croit en moyenne de 90.000 personnes par an selon une étude l’Insee parue en novembre dernier. Pour le chercheur, si cette idée reçue à la vie dure c’est surtout parce qu’une partie de l’opinion publique «confond les enfants d’immigrés (qui sont Français) avec les immigrés eux-mêmes. Et ces derniers avec les demandeurs d'asile».

2 La France est championne d’Europe en matière dans ce domaine

Faux. «Tous les pays européens comparables à la France économiquement accueillent davantage d’immigrés qu’elle. C’est notamment le cas du Royaume Uni, de l’Allemagne et de l’Italie. Elle est même dans le bas du classement dans ce domaine si l’on compare la proportion d’immigrés par habitant, avec 5 immigrés pour 1000 habitants», explique François Gemenne.

3 Ce n’est pas si difficile d’entrer illégalement en France

«C’est totalement faux. D’ailleurs, la plupart des clandestins qui se trouvent en France y sont entrés légalement avec un visa ou un titre de séjour, avant de décider de rester. Par ailleurs, ils représentent entre 5 et 10% des immigrés», explique le chercheur.

4 Le rythme des expulsions a été freiné depuis le quinquennat de François Hollande

«Il n’y a pas eu d’inflexion de la politique de reconduites à la frontière, affirme François Gemenne. Elles sont toujours de l’ordre de 30.000 par an». Et si Nicolas Sarkozy, quand il était ministre de l’Intérieur, semblait avoir eu recours massivement aux expulsions, Manuel Valls lorsqu’il était lui-même Place Beauvau, a enregistré des chiffres plus importants dans ce domaine.

5 Les immigrés sont en majorité des Maghrébins et des Africains

Une inexactitude de plus. Car selon l’Insee 46% des immigrés arrivés en France en 2012 étaient européens (Portugais, Anglais, Espagnols, Italiens, Allemands…), 17% provenaient du Maghreb, 14% d’Asie, 13% Afrique subsaharienne et 10% d’Amérique-Océanie.

6 Obtenir la nationalité française n’est pas difficile

Selon l'OCDE, le nombre de naturalisations a diminué soit 16% entre 2011 et 2012. «Les conditions de naturalisation se sont beaucoup durcies depuis les années 80. Il est par exemple de plus en plus difficile d’obtenir la nationalité française par mariage. Car une enquête très intrusive est menée pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’un mariage blanc». Et il faut justifier au minimum de quatre ans de mariage», précise le chercheur.

7 Les immigrés sont sous-diplômés

Encore un a priori qui tombe. Car selon l’Etude de l’Insee parue en novembre, 63 % des immigrés entrés en France en 2012 étaient au moins titulaires d’un diplôme de niveau baccalauréat. «Ils ont un niveau scolaire égal ou même supérieur à celui des Français. Car ce sont souvent les plus nantis des communautés qui immigrent», souligne le chercheur.

8 Ils viennent en France pour toucher les aides sociales

«C’est un fantasme absolu, car la plupart du temps, les immigrés ne sont pas au courant des aides dont ils peuvent bénéficier en France», affirme François Gemenne. D’où un taux de non-recours important aux prestations sociales. Par ailleurs, il faut un statut d'immigrant régulier pour toucher certaines aides sociales: le RSA, par exemple, n'est accordé qu'au bout de cinq années de résidence en France.

9 C’est à cause d’eux que les salaires sont tirés vers le bas

Une illusion. Car les immigrés occupent souvent les emplois les plus mal rémunérés «ce qui fait au contraire remonter un peu les salaires des travailleurs peu qualifiés», certifie le chercheur.

10 Ils coûtent plus cher qu’ils ne rapportent à la France

Prenons le cas des salariés clandestins: s’ils ont le droit à l’aide médicale d’Etat, ils ne profitent pas d’autres aides sociales. Mais ils cotisent à l’assurance chômage et payent des impôts comme les autres salariés.

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