Illustration circulation des deux roues sur les grands boulevards parisiens, le 17 novembre 2014.
Illustration circulation des deux roues sur les grands boulevards parisiens, le 17 novembre 2014. - Celine boff/20 Minutes

En six mois, Victor s’est fait voler son vélo à deux reprises. La première fois, c’était en mars 2013, il l’avait accroché aux grilles de la Cité de la mode, à deux pas de son employeur. La seconde, dans la cour d’une propriété privée. Cette fois-ci, il n’était attaché qu’à lui-même.

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Cette année-là, comme ceux de ce jeune Parisien de 24 ans, 400.000 vélos ont été volés en France. Soit près de 46 toutes les heures. Plus de 1.000 chaque jour. C’est 33% de plus qu’en 2012, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) qui va publier ce mardi matin son rapport 2014, réalisé avec l'Insee, sur l'insécurité ressentie par les Français.

«Réseaux spécialisés»

Le document, que 20 Minutes s’est procuré, relève une «hausse significative des personnes de 14 ans et plus se déclarant victimes de vols ou tentatives de vols personnels»: 1,1 million en 2012 contre 1,3 million en 2013, soit une augmentation de 18%.

Parmi ces biens personnels volés, les vélos représentent un attrait particulier pour les petits délinquants. «Le développement des vélos dans la capitale a encouragé ces pratiques. Les deux-roues sont la cible de voleurs d’opportunité mais aussi de réseaux qui se sont spécialisés dans la revente sur des sites Internet, décrypte un policier en poste dans un commissariat parisien de la rive droite. A la revente, ça peut monter jusqu’à 1.000 euros.»

Le marquage pour rendre les vélos

«Je pense que les voleurs reconnaissent les vélos qui ont une tige de selle, une fourche, un cadre intéressant, poursuit Jérémy, sculpteur de 25 ans qui s’est fait dérober deux vélos en deux ans sur la capitale. Le mien, seul un connaisseur pouvait voir qu’il y avait eu du travail dessus.» Depuis, il a investi dans un solide antivol. «Le U, c’est le meilleur. Il ne faut pas hésiter à investir. Mais il faut choisir ceux qui sont en acier trempé, plus résistants.»

Il est rare que les victimes de vols de vélos portent plainte. Et les deux-roues retrouvés par les forces de police ne sont presque jamais rendus à leurs propriétaires, faute d’identification. «En 2003, 150.000 vélos volés retrouvés n’avaient pas été restitués. Le marquage est indispensable pour rendre le deux-roues au cycliste», milite Sophie Hering, chargée de mission à la Fédération française des usagers de la bicyclette.

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Vols de poussettes

Autre bien dans le viseur des voleurs: les poussettes. Comme les vélos, leur prix est particulièrement attractif et peut avoisiner le millier d’euros. Très accessibles, elles disparaissent le plus souvent dans les cages d’escalier, aux entrées des maternelles ou des crèches, lors de cambriolages ou même dans des parcs d’attractions.

Fin octobre, un couple et leur fille ont avoué s’être livrés à un vaste trafic de poussettes volées et revendues sur le Bon Coin. Le préjudice s’élève à plus de 330 vols depuis 2013. Une combine familiale très lucrative puisqu’ils auraient amassé plus de 130.000 euros quelques mois.

 

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