Thierry Lepaon: 3 casseroles qui coûtent cher à la CGT

SYNDICAT Dans la tourmente après les rénovations coûteuses de son appartement et de son bureau, le numéro un de la CGT a en plus touché une indemnité de départ sans avoir quitté le syndicat...

Anissa Boumediene

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Thierry Lepaon, lors du sommet social de juillet 2014

Thierry Lepaon, lors du sommet social de juillet 2014 — WITT/SIPA

Ça commence à faire beaucoup pour un seul homme! La rénovation à grands frais du logement et du bureau de Thierry Lepaon avait fait grincer des dents. La révélation ce lundi de son indemnité de départ alors qu'il n'a pas quitté la CGT lui met encore un peu plus la tête sous l'eau. 20 Minutes revient sur les trois casseroles qui pourraient coûter sa place à Thierry Lepaon.

1. Une indemnité de départ pour passer de la CGT à la CGT

Avant de prendre le siège de Bernard Thibault à la tête de la confédération début 2013, Thierry Lepaon occupait le poste de secrétaire général du comité régional de la CGT de Basse-Normandie. Pour être libre de prendre ses nouvelles fonctions lors du congrès de Toulouse, il négocie une rupture conventionnelle avec sa direction et perçoit des indemnités de départ. Une opération que l’intéressé a confirmée à L’Expansion. «Je changeais d’employeur», s’est-il justifié, lui qui est passé de la CGT… à la CGT.

Un peu gêné aux entournures, Thierry Lepaon a déclaré ne plus se souvenir du montant de cette indemnité, d’autant que «ce n’était pas grand-chose, puisqu’ [il] n’avai[t ]que cinq ou six années d’ancienneté». Après tout, ce n’est pas illégal, et l’entité nationale et les antennes régionales du syndicat sont indépendantes, mais la pilule a quand même beaucoup de mal à passer.

2. 105.000 euros de travaux pour un logement déjà refait à neuf

C’est Le Canard Enchaîné qui a jeté le premier pavé dans la mare (et le second aussi). Fin octobre, l'hebdo satirique révèle que le nouveau secrétaire général de la CGT a fait rénover son logement de fonction à grands frais. La CGT aurait déboursé pas moins de 105.000 euros pour cet appartement de 120 mètres carrés, situé le long du Bois de Vincennes. L’argumentaire est bien rodé : le logement était dans un état vétuste mais le loyer peu élevé -2000 euros-, en faisait malgré tout une bonne affaire. Problème : l’appartement, qui ne fait en réalité que 79 m2, n’est pas en dessous des prix du marché, et surtout, le logement venait déjà d’être refait à neuf.

Mais les couleurs ne devaient pas être au goût du numéro un du syndicat, dont les dépenses rien qu’en mobilier et décoration s’élèvent à 28.500 euros. Un forfait déco qui comprend un écran plat par chambre, l’aménagement floral et du linge de maison. Bon prince, Thierry Lepaon a renoncé à se faire installer une cave à vin et un home cinéma, mais pas à la rénovation de ses toilettes, qui a coûté près de 4500 euros.

3. Un bureau grand luxe

Moins d'un mois après l'affaire de l'appartement, Le Canard révèle que le bureau du numéro un de la CGT a aussi été rénové, pour la bagatelle de 62.179,44 eurosParquet, mobilier, électricité, tout a été refait du sol au plafond pour que le bureau de 50 mètres carrés que Thierry Lepaon occupe au siège de la centrale à Montreuil, près de Paris, soit plus cosy. Il a bien tenté d'expliquer que «cela fait 14 ans qu'il n'avait pas été refait» et que cette réfection intervenait «dans le cadre des travaux faits dans la maison confédérale», rien ne semble calmer la tourmente. «Peiné», Thierry Lepaon suggère que le mode de fonctionnement de la CGT soit repensé.