IVG, contraception, droit de vote… Cinq lois qui ont changé la vie des femmes

SOCIETE Quarante après la loi Veil, retour sur les évolutions marquantes de la condition féminine en France…

Audrey Chauvet

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Des plaquettes de pilule contraceptive.

Des plaquettes de pilule contraceptive. — SERGE POUZET/SIPA

Le 26 novembre 1976, Simone Veil défendait, face à un parterre de députés hostiles, la loi pour la légalisation de l’avortement. Débutée en 1944 avec le droit de vote, l’émancipation des femmes françaises a été marquée par plusieurs lois emblématiques.

Le droit d’avorter

Après de houleux débats à l’Assemblée, la loi Veil est adoptée le 17 janvier 1975. Auparavant interdite, et même passible de la peine de mort pour les «faiseuses d’anges», l’interruption volontaire de grossesse devient légale. C’est un combat de plusieurs années, commencé en 1971 avec le «Manifeste des 343», qui s’achève ainsi par la dépénalisation de l’avortement et la possibilité pour chaque femme d’interrompre sa grossesse avant la fin de la dixième semaine, puis la douzième semaine. En 2014, la loi Vallaud-Belkacem renforce le droit à l’IVG en supprimant la condition de «détresse avérée» de la mère exigée par la loi de 1975. Il y a aujourd’hui environ 220.000 IVG pratiquées en France chaque année: statistiquement, une femme sur trois y aura recours dans sa vie.

Le droit d’être payées autant qu’un homme

Depuis le 22 décembre 1972, «tout employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes.» Un combat qui est loin d’être gagné puisqu’en 2014, une femme gagne encore en moyenne 19,4% de moins qu’un homme à compétences égales. Une femme doit donc travailler 77 jours de plus qu’un homme pour obtenir le même salaire. Une inégalité due aux employeurs, mais aussi aux femmes qui négocient très peu leurs salaires à l’embauche: d’après les chiffres communiqués par le ministère des Droits des femmes en avril dernier, seules 10% des femmes négocient leur salaire contre 50% des hommes.

Le droit de prendre une contraception

La pilule est arrivée sur les tables de chevet en 1967, avec la loi Neuwirth. «Vous avez donné le droit de vote aux femmes. Donnez-leur maintenant le droit de maîtriser leur fécondité», déclarait alors le député Lucien Neuwirth au Général de Gaulle. Légalisant la contraception orale, la loi qui porte son nom permet aux femmes de se procurer une pilule contraceptive. Il faut attendre 1974 pour que celle-ci soit prise en charge par la Sécurité sociale. Aujourd’hui, environ une femme sur deux prend la pilule en France, et plus de deux sur trois chez les moins de 35 ans.

Le droit de travailler et d’avoir un compte en banque sans l’autorisation de son mari

Le 13 juillet 1965 est promulguée la loi qui permet aux femmes de travailler librement sans l’accord préalable de leur mari et d’ouvrir un compte bancaire à leur nom. Cette réforme des régimes matrimoniaux, qui enterre la puissance maritale, sera suivie de la suppression de la notion de «chef de famille» dans la loi, remplacée par l’autorité parentale conjointe en 1970, et de l’instauration du divorce par consentement mutuel en 1975. On estime aujourd’hui que 75% des divorces sont demandés par les femmes.

Le droit de vote

Ce n’est qu’en 1944, soit près d’un siècle après l’instauration du suffrage universel masculin, que les femmes peuvent participer aux élections en France. Elles mettent leurs premiers bulletins de vote dans les urnes lors des élections municipales du 29 avril 1945. Après avoir participé activement à la Résistance durant la Seconde guerre mondiale, le Général de Gaulle accorde aux femmes le droit d’être «électrices et éligibles». La loi «parité hommes-femmes» votée en 2000 oblige désormais les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes lors des scrutins de liste. En 2014, on compte seulement 27% de députés femmes, 25% de sénatrices et 16% de maires féminines.