Seine-Saint-Denis: Un chauffeur de bus renverse un ado et se fait agresser

FAITS DIVERS Les deux hommes sont à l'hôpital...

Céline Boff

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Illustration bus RATP.

Illustration bus RATP. — 20 MINUTES/SIPA

Un chauffeur de bus a renversé mardi un adolescent de 13 ans à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le blessant grièvement, avant d'être pris à partie par des membres de la famille et molesté, a-t-on appris de sources concordantes. L'accident s'est produit à Villepinte peu avant 14 heures, a précisé une source policière. Selon les premiers éléments de l'enquête, l'adolescent «traversait la chaussée en dehors des passages protégés» lorsqu'il a été percuté par le bus.

«Le chauffeur a alors été pris à partie par la famille de la victime et plusieurs jeunes du secteur», a-t-elle poursuivi. Le syndicaliste a affirmé que le machiniste avait reçu de nombreux coups, ce qu'une source proche de l'enquête ne pouvait confirmer, et avait dû s'échapper par la fenêtre du bus.

De nombreux chauffeurs ont exercé leur droit de retrait

L'adolescent a été hospitalisé «dans un état grave» à l'hôpital Necker, où il a été conduit en urgence, escorté par des motos de police. Il souffre d'une hémorragie cérébrale et d'un pneumothorax, a indiqué une source à la compagnie de bus. Souffrant de contusions, le chauffeur a quant à lui été pris en charge à l'hôpital Robert Ballanger d'Aulnay-sous-Bois.

Après ces faits, de nombreux chauffeurs ont exercé leur droit de retrait, craignant «des représailles sur d'autres bus», a déclaré Jamal Benkissaou, le secrétaire du CHSCT des Courriers d'Île-de-France, la compagnie qui exploite cette ligne dans la banlieue nord de Paris. En conséquence, le trafic était «fortement perturbé» mardi soir sur neuf lignes de ce réseau en Seine-Saint-Denis, selon les CIF.

«Les risques de représailles sont perceptibles»

Sur place à Villepinte, «la situation est revenue au calme» dans l'après-midi, a déclaré le directeur des Courriers d'Île-de-France, Jean-Olivier Ehkirch. «Notre seule préoccupation, c'est l'état de santé de la victime, et celle du conducteur», a-t-il assuré.

Les machinistes devaient eux décider mardi soir de continuer ou non à exercer leur droit de retrait. «La situation est tendue sur le terrain et les risques de représailles sont perceptibles (...) Elle «risque de se dégrader si l'état de santé du piéton» empire, redoute Benkissaou.