Suppression de la pub à Grenoble: «Je trouve ça fabuleux, je veux la même chose à Montpellier»

VOUS COMMENTEZ La décision du maire de Grenoble fait des émules chez les internautes de «20 Minutes»…

Christine Laemmel

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Un panneau publicitaire à Grenoble le 25 novembre 2014

Un panneau publicitaire à Grenoble le 25 novembre 2014 — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Trois cent vingt-six panneaux publicitaires vont disparaître des rues de Grenoble. Pas la totalité des supports de la ville iséroise (les abribus par exemple, ne sont pas impactés) mais une proportion suffisante pour changer le paysage urbain, comme l’avait promis Eric Piolle, le maire écologiste de la ville. 

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La nouvelle, la plus partagée de 20minutes.fr sur les réseaux sociaux ce lundi, ravit la plupart des internautes. De Montpellier à Strasbourg, beaucoup croisent les doigts pour que la mesure inspire leurs édiles.

Une «pollution visuelle»

«Je trouve ça fabuleux, commente Emmanuel, héraultais, je veux la même chose à Montpellier». Polina, Strasbourgeoise de 21 ans, est du même avis. Elle condamne, sur la page Facebook de 20 Minutes, la «pollution visuelle», que représente selon elle la publicité en milieu urbain, une «gêne» qui transforme «l’esthétique de la ville». «Montpellier est une belle ville, enchaîne Emmanuel, voir de grandes affiches sur la place de la Comédie, c’est du gâchis».


Au-delà de l’aspect purement stylistique, Polina accuse les publicités d’entraver notre libre arbitre. «On est sans cesse tiraillés par ces incitations», estime-t-elle. «On a beau regarder ailleurs, détaille Emmanuel, on voit toujours une publicité. Même sans le vouloir, on se concentre dessus et le message passe dans tous les cas.»

«Favoriser les commerces locaux»

Si la municipalité de Grenoble a choisi de remplacer les panneaux par des arbres, la place sera aussi faite aux acteurs de la vie locale, associatifs entre autres. Contre l’«omniprésence» de la publicité strasbourgeoise, Polina propose, elle, de favoriser les commerces locaux, qui seraient, d’après son idéal, seuls autorisés à payer pour occuper l’espace public. «Si les recettes apparaissent indispensables à la ville, explique-t-elle, c’est une alternative intéressante.» Une manière de «laisser l’argent dans la commune» et d’éviter ce que prédit Guillaume: «Les consommateurs se rabattront sur les grosses enseignes existantes sans connaître la concurrence.»   

«La publicité fait partie du paysage urbain»

L’affichage se fait politique dans la bouche de certains internautes, sociétale dans les mots d’autres commentateurs. Evoquant une campagne publique sur l’AVC (accident vasculaire cérébral), Emmanuel distingue «société de consommation et message utile». «Il y a des gens qui ne sont pas informés, concède-t-il, je ne peux pas m’opposer à ce genre d’affichage.» Gérard poursuit, en tolérant lui des «abribus informatifs, avec le plan de la ville, des horaires lisibles, par exemple.»

Même chez les plus rétifs à la pollution visuelle, l’étalage en 4 par 3 n’est donc pas voué à disparaître entièrement. «La publicité fait partie du paysage urbain», va jusqu’à dire Rémy, «c’est un moyen de distraction», lâche Johnny. Réglementer, circonscrire «dimensions et contenus» comme le souffle Jean-Pascal, oui; interdire, ce n’est pas pour tout de suite. 

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