Le gouvernement a annoncé mardi à Paris la mise en place dans les services hospitaliers d'urgence d'un référent en matière de violences sexuelles, afin de renforcer la collaboration entre santé et justice en cas de viol. Cette mesure sera appliquée à titre expérimental dans deux régions, l'Alsace et l'Aquitaine, a indiqué Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes.

La présence d'un tel référent au sein des hôpitaux permettra que les examens réalisés sur la victime à son arrivée aux urgences servent en cas de procédure pénale, «de façon à ce que les preuves de l'acte violent ne soient pas perdues». «L'objectif est que la situation d'une femme puisse ne pas différer en fonction du lieu où elle va se rendre en premier après une violence, à savoir le commissariat ou l'hôpital», a expliqué la ministre.

Seulement 20% des femmes victimes de violences portent plainte

Marisol Touraine intervenait lors de la signature d'une convention avec la police visant à faciliter le dépôt de plainte et l'ouverture d'une enquête dans les cas de violences conjugales, à l'occasion de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

De son côté, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rappelé que seulement 20% des femmes victimes de violences portaient plainte. Une circulaire, paraphée mardi également, a été envoyée aux procureurs de toute la France, allant elle aussi dans le sens d'une systématisation des dépôts de plaintes.