Près de la moitié des violences contre les femmes sont imputées aux partenaires

AGRESSION Dans 91% des cas, l'agresseur est un homme et dans 45% les violences sont imputées au compagnon ou conjoint de la victime...

20 Minutes avec AFP

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Paris le 2 octobre 2012. Illustration femme battue. Violences conjugales.

Paris le 2 octobre 2012. Illustration femme battue. Violences conjugales. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Une écrasante majorité des cas de violences contre des femmes est imputée à des hommes, et près de la moitié au «partenaire intime» de la victime, révèle une étude réalisée à partir de données statistiques du Centre d'accueil d'urgence des victimes d'agressions (CAUVA) du CHU de Bordeaux.

Cette étude menée par la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains), porte sur 15.580 dossiers de femmes âgées de plus de 16 ans, examinés entre 2003 et 2013. Dans 91% des cas, l'agresseur est un homme et dans 45% les violences sont imputées au compagnon ou conjoint de la victime.

Par ailleurs, 12% des examens effectués aux urgences sur une femme le sont au motif de violences de nature sexuelle, et dans trois cas sur quatre les examens prouvent qu'il y a eu viol. Cette étude révèle également que 10% des femmes victimes de violences ont consulté les urgences du CHU de Bordeaux «plus d'une fois» sur la période examinée.

Les violences physiques presque toujours accompagnées de violences psychiques

Selon les données du CAUVA, les urgences médico-judiciaires du CHU bordelais, 85% des consultations ont été effectuées sur réquisition judiciaire (à la demande de la justice, de la police ou de la gendarmerie). Et 15% des examens cliniques ont été réalisés hors réquisitions, c'est-à-dire à l'initiative de la victime, le taux montant à 20% quand il s'agit de violences imputées au partenaire.

La procédure hors réquisitions aboutit à une judiciarisation du dossier dans un cas sur trois, c'est-à-dire sur une plainte avec éléments de preuve.

Enfin, les données statistiques du Cauva - créé en 1999 par une convention entre le CHU et les ministères de la Santé, de la Justice, de l'Intérieur et de la Défense - révèlent que les violences physiques sont quasi-systématiquement associées à des violences psychiques (menaces ou insultes). L'approche médico-légale des psychologues du CHU a permis d'adjoindre une «composante psychique» à l'incapacité totale de travail pénale reconnue pour ces femmes victimes.