La centrale nucléaire de Cattenom en août 2013.
La centrale nucléaire de Cattenom en août 2013. - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Sortez les pastilles d'iode du placard. Un expert britannique mandaté par Greenpeace a remis ce lundi aux parlementaires français un rapport alarmiste sur la sécurité ses installations nucléaires françaises, jugées très vulnérables face aux scénarios d'attaques commises avec des drones.

L'ONG écologiste, qui a d'ailleurs choisi de ne pas rendre public ce rapport en raison de son caractère sensible, avait mandaté début novembre cet expert indépendant, John Large, afin d'évaluer le risque, peu après le début des survols en série par des drones de nombreux sites nucléaires dans l'Hexagone. A ce jour, le mystère reste entier sur les auteurs de ces survols.

Quatre scénarios d'attaque avec des drones

Face aux députés et sénateurs de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), John Large a assuré avoir étudié quatre scénarios d'attaque avec des drones sur des sites nucléaires français. A chaque fois, «si ces scénarios s'étaient déroulés dans la réalité, il y aurait eu un risque de rejet radioactif majeur», a-t-il prévenu.

Pour lui, les drones seraient en capacité de dépasser les défenses «obsolètes» des sites nucléaires, car «pensées et construites pour faire face à des technologies aujourd'hui dépassées». «Ces multiples survols», «ainsi que l'existence reconnue des vulnérabilités des centrales en fonctionnement, devraient être une source de préoccupation majeure pour nous tous», a-t-il déclaré lors de son audition.

Le président de l'office parlementaire, le député socialiste Jean-Yves Le Déaut, a lui minimisé la portée ce rapport expliquant qu'il démontrait simplement, «comme Fukushima l'a montré», qu'il fallait «de l'eau et de l'électricité pour qu'une centrale tourne, et qu'il y a des périphériques qui sont à côté de ces centrales et que si ces périphériques sont endommagés et bien cela donne Fukushima».

Ni minimiser, ni dramatiser

«Sauf que est-ce que vous êtes capables de résister contre une attaque terroriste avec des gros moyens? Non!», a-t-il toutefois reconnu avant d'ajouter: «Est-ce que nous sommes face à un scénario terroriste avec ces survols de centrales? A mon avis non».

Pour le président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) Pierre-Franck Chevet, les drones représentent «une menace qu'il ne faut pas dramatiser mais qu'il ne faut pas non plus minimiser». Il a assuré que l'expert britannique s'était «largement appuyé» sur les conclusions de l'ASN après l'accident de Fukushima sur les améliorations de sûreté à apporter aux centrales nucléaires.

«Nous avons proposé à cet expert de faire une réunion avec lui pour aller dans le détail, mais je ne peux pas me prononcer sur un rapport qui vient d'être remis», a-t-il ajouté.

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