Le 3919 est une plateforme téléphonique gratuite et anonyme d'écoute et d'aide aux femmes victimes de violences.
Le 3919 est une plateforme téléphonique gratuite et anonyme d'écoute et d'aide aux femmes victimes de violences. - F.DURAND/SIPA

«Combattre toutes les violences faites aux femmes, des plus visibles aux plus insidieuses». Tel est l’objectif de l’étude publiée ce mardi au nom de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité du Conseil économique social et environnemental (Cese), à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre. Blagues sexistes, agressions, viols, harcèlement et autres frotteurs dans les transports, les violences à l’encontre des femmes prennent de multiples formes et font chaque année en France de nombreuses victimes. 20 Minutes vous révèle les cinq chiffres forts du document.

 

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Largement occulté auparavant, le harcèlement de rue est mis en lumière dans cette étude, qui révèle que près de 20% des femmes interrogées, soit une sur cinq, ont subi au moins une forme de violence dans l’espace public au cours des douze derniers mois, allant de l’insulte à l’attouchement. Un phénomène viral, illustré par de nombreuses vidéos, tournées notamment à Paris, New York ou encore Bruxelles et qui touchent en majorité les jeunes de 20 à 24 ans.

200.000

Chaque année en France, plus de 200 000 femmes se déclarent victimes de violences conjugales. Le plus souvent, il s’agit de violences répétées, puisque 70% des victimes reconnaissent avoir été agressées à plusieurs reprises au cours des deux dernières années. Des chiffres bien en deçà de la vérité compte tenu de la proportion importante de victimes qui gardent le silence.

83.000

D’après les chiffres publiés par l’Observatoire national des violences faites aux femmes en 2013, environ 83.000 femmes de 18 à 59 ans ont déclaré avoir été victimes de viols ou tentatives de viols en 2012. En moyenne, 75.000 femmes sont violées chaque année, soit plus de 200 par jour. L’année dernière, 1.275 d’entre elles ont été violées par leur conjoint. Mais là encore, beaucoup de victimes ne parlent pas et les chiffres avancés sont inférieurs à la réalité.

10%

Omerta, honte, peur des représailles : à peine 10 % des femmes qui se déclarent victimes de violences au sein du couple ont déposé plainte. Dans leur grande majorité, les femmes n’osent pas se tourner vers la justice. En 2013, selon le rapport annuel de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), 24.985 femmes ont porté plainte pour coups et violences volontaires contre leur conjoint ou ex-conjoint. Si parfois elles arrivent à confier leur calvaire à un proche, une partie d’entre elles s’adresse à des services sociaux ou des associations d’aides aux victimes. Toutefois, plus d’une femme sur cinq victime de violences conjugales ne se confie à personne.

121

En 2013, 121 femmes sont décédées à la suite de violences conjugales. Soit une femme tuée tous les trois jours en France par son conjoint ou ex-conjoint. Dans le même temps, l’étude révèle que 25 hommes ont perdu la vie du fait de leur conjointe. Le document souligne toutefois que 17 d’entre eux étaient violents avec leur compagne. Chez les hommes, la non-acceptation de la séparation est la principale motivation de l’acte meurtrier. Autre chiffre édifiant révélé par le rapport, dans près de la moitié des meurtres au sein du couple (47,7 %), des faits de violences antérieures étaient connus des services de police ou des unités de gendarmerie.

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