Un élève d'une école primaire le jour de la rentrée scolaire le 2 septembre 2014 à Paris
Un élève d'une école primaire le jour de la rentrée scolaire le 2 septembre 2014 à Paris - Fred Dufour AFP

Ce vendredi, Najat Vallaud-Belkacem présente son plan pour lutter contre le décrochage scolaire, qui concerne, chaque année, 140.000 élèves du collège ou du lycée. Des élèves que la Fondation de France aide depuis cinq ans, en finançant des programmes visant à ramener ces adolescents sur les bancs de l’école. Anne Bouvier, responsable du programme Enfance éducation à la Fondation de France, explique vouloir inciter l’Education nationale à généraliser les bonnes pratiques issues de ce projet qu’elle présente à 20 Minutes.

Vous vous concentrez sur les décrocheurs du collège, pourquoi?

Ils sont entre 30.000 à 40.000 à quitter chaque année le collège sans qualification. Or c’est le dernier endroit où toute une classe d’âge est réunie. C’est là qu’ils doivent avoir acquis un socle commun, un patrimoine culturel commun qui pour nous est la garantie d’une meilleure cohésion sociale. Et puis nous savons que l’adolescence est une période perturbée et perturbante.

Existe-t-il un profil type? 

Pas du tout! Tous les enfants peuvent être concernés même s’il existe des facteurs aggravants tels que le milieu social défavorisé, des enfants issus de l’immigration car il y a par exemple une mauvaise maîtrise du Français. Un handicap ou une maladie de l’élève ou du parent peut être un facteur à risque également.

Les décrocheurs ont-ils le même comportement?

Pas forcément, il y a le grand absent, le perturbateur, dont on parle beaucoup. Mais il existe aussi beaucoup de décrocheurs passifs qui sont très assidus, au fond de la classe, et qui ne s’intéressent plus du tout aux cours. Le décrochage scolaire est multifactoriel, il se manifeste de différente façon et peut toucher tout le monde.

Comment agir au mieux pour aider les décrocheurs?

Il existe quatre leviers pour remotiver un décrocheur, pour l’amener à retrouver sa position d’élève. On peut agir sur lui, sur l’organisation de son temps scolaire ou la pédagogie. Par exemple, certains collèges, pour aider les décrocheurs, consacrent la matinée à l’apprentissage théorique et l’après-midi à la mise en pratique de cette théorie. On peut aussi agir au niveau des enseignants, en favorisant l’interdisciplinarité ou le travail en équipe, en couplant la géométrie et la géographie par exemple. On peut également agir directement sur la famille, en associant les parents à l’éducation, aux programmes. Enfin, on peut travailler au niveau de l’établissement, en l’ouvrant sur les ressources externes, sur les collectivités locales ou les entreprises.

Comment doit réagir un professeur face à un élève décrocheur?

Il n’y a pas de réaction type mais ce qui est sûr c’est qu’un professeur tout seul ne peut pas aider un élève. Dans les collèges, il y a plus qu’un élève qui décroche et cela concerne tous ses professeurs. C’est toute l’équipe pédagogique qui doit se mobiliser, analyser la nature et l’étendue du problème, réfléchir aux solutions. Il ne faut pas hésiter à se tourner vers l’extérieur, vers des psychologues ou des sophrologues. Tout cela à un coût mais nous le finançons. C’est pour cela que nous lançons notre appel d’offres pour la 5e année.

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