Illustration d'un cycliste sur une piste cyclage en contre sens dans les rues de Nantes, le 14 mars 2012.
Illustration d'un cycliste sur une piste cyclage en contre sens dans les rues de Nantes, le 14 mars 2012. - Fabrice Elsner/20 Minutes

Casse-cou les cyclistes. Selon une étude* réalisée par Opinionway pour l’assureur MMA et révélée en exclusivité par 20 Minutes, 77% des cyclistes prennent autant, voire plus de risques que lorsqu’ils sont motorisés.  

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«Des contrôles presque inexistants»

Une prise de risque qui se traduit par un manque de respect du code de la route. Ainsi, 88% reconnaissent avoir déjà commis une infraction à vélo. «Il y a un vrai sentiment d’impunité», constate Stéphane Daeschner, responsable de la prévention chez MMA. «J’y vois deux explications. D’une part, à vélo, le principe est de ne pas s’arrêter pour maintenir son allure. D’autre part, les contrôles à l’égard des cyclistes sont presque inexistants», complète Emmanuel Renard, directeur de l'Éducation de l'association Prévention routière. 44% des sondés ont d’ailleurs l’impression qu’ils ne risquent pas d’amende lorsqu’ils circulent à vélo.

44% des cyclistes reconnaissent avoir déjà eu un accident

Mais faire fi des règles de prudence n’est pas toujours sans conséquence. «Les chiffres de l’évolution de l’accidentologie sont alarmants», rappelle Stéphane Daeschner. Si la mortalité des cyclistes est restée relativement stable entre 2007 et 2013 avec 147 décès en 2013, selon les chiffres de la Sécurité routière, depuis le début de l’année, la mortalité progresse de 6%. Signe que les catastrophes n’arrivent pas qu’aux autres, 44% des personnes interrogées reconnaissent avoir déjà subi un accident à vélo.

Et pourtant, cela ne les incite à se protéger. Seuls 41% portent un casque en journée bien que 63% des sondés se prononcent en faveur du port obligatoire du casque protecteur. Un outil pourtant «indispensable afin d’éviter les traumatismes crâniens», estime Stéphane Daeschner. Quant au port de vêtements et d’accessoires réfléchissants, ils ne sont que 44% à en porter. Une tendance plus marquée chez les plus jeunes qui sont près des trois quarts à ne porter aucun élément de sécurité que ce soit le casque ou un vêtement réfléchissant, ce dernier étant obligatoire la nuit, hors agglomération.

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De plus, un quart des cyclistes utilisent encore un vélo sans phare, pourtant obligatoire, à l’avant ou à l’arrière. «Il faut répéter qu’un cycliste dans la circulation, notamment en ville, est peu visible. Il doit s’équiper en conséquence. A cela s’ajoute, le risque des angles morts particulièrement avec les bus et les camions», rappelle Emmanuel Renard.

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*Etude réalisée par Opinionway pour l’assureur MMA,  du 17 au 28 octobre 2014 auprès d’un échantillon national de 1.041 cyclistes (pratiquant le vélo au moins une fois par mois) représentatif des cyclistes français âgés de 18 ans et de 1.142 cyclistes répartis sur 10 grandes agglomérations (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lille, Nantes, Nice, Strasbourg, Rennes) soit 2.183 personnes pratiquant le vélo,  issu d’un échantillon initial représentatif des habitants de l’unité urbaine (sur les critères de sexe, d’âge et de catégorie socioprofessionnelle selon l’INSEE).

Gare aux amendes

Que ce soit pour un défaut d’équipement (éclairage, gilet…) ou une infraction au code de la route, le cycliste est passible d’une amende qui peut aller de 11 à 375 euros. Ces infractions n’entraînent pas de retrait de points sur le permis, mais si l'infraction est très grave (conduite en état d'ivresse ou mise en danger d'autrui par exemple), elle peut donner lieu à suspension judiciaire du permis de conduire.

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