Des gendarmes face à des opposants au barrage de Sivens le 26 octobre 2014 à Gaillac
Des gendarmes face à des opposants au barrage de Sivens le 26 octobre 2014 à Gaillac - Pascal Pavani AFP

«Ne désarmez pas les gendarmes!» La suspension des grenades offensives, qui fait suite à la mort de Rémi Fraisse à Sivens, ne plaît pas à tout le monde à en juger par la pétition lancée ce jeudi en faveur de leur «maintien».

Cette pétition émane de l'Union nationale du personnel en retraite de la gendarmerie (45.000 adhérents) et de L'Essor de la gendarmerie (35.000 lecteurs), qui constituent le plus important canal de réaction ou de revendication des quelque 100.000 gendarmes français. Du fait de leur statut militaire, ils ne disposent pas de syndicats, contrairement aux policiers.

Un rapport à paraître

Le texte, adressé au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, revient sur la mort «regrettable» du manifestant Rémi Fraisse tué par une grenade offensive des gendarmes mobiles, le 26 octobre, sur le site du barrage de Sivens (Tarn). Ce «n'est pas une arme de guerre», argumente la pétition à propos de cette grenade qui est «utilisée couramment par la gendarmerie depuis 65 ans» sans avoir provoqué un «seul mort jusqu'à ce jour funeste du 26 octobre». «Elle peut donc être considérée comme très sûre», ajoute-t-elle.

«Il est de votre devoir de maintenir l'ordre public aussi bien à Sivens qu'à Lyon, Marseille, Nantes, Paris, Rennes, Rouen ou Toulouse» et «vous ne pouvez pas le faire en maintenant désarmés nos gendarmes», écrivent les pétitionnaires. Ils demandent donc «de lever dans les meilleurs délais la suspension» des grenades offensives.

Le ministre de l'Intérieur devait rendre public jeudi soir un rapport commandé «immédiatement après le décès de Rémi Fraisse sur les conditions du maintien de l'ordre en France et de l'utilisation d'un certain nombre de munitions de maintien de l'ordre», référence aux grenades offensives. Selon plusieurs sources, il pourrait en interdire définitivement l'usage.

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