Comment financer des obsèques sans plomber ses finances

TOUSSAINT Alors que les tarifs pratiqués par les professionnels funéraires sont dans le collimateur de l’UFC Que Choisir, les Français sont de plus en plus nombreux à opter pour des formules low cost…

Anissa Boumediene

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Les Français sont de plus en plus nombreux à se soucier du financement de leurs obsèques.

Les Français sont de plus en plus nombreux à se soucier du financement de leurs obsèques. — N.MESSYASZ/SIPA

Avec un prix moyen de 3.350 euros pour des funérailles (hors caveau et concession), mourir devient un luxe que tout le monde ne peut pas s’offrir. Des tarifs en hausse de plus de 8% en trois ans, variant de 1.347 euros à plus de 6.649 euros selon les opérateurs : le marché du funéraire se retrouve dans le viseur de l’association de consommateurs UFC Que Choisir, qui dénonce les excès tarifaires et le manque d'information dans les devis de certaines entreprises de pompes funèbres. Une valse des prix qui poussent de plus en plus de Français à prévoir le financement de leurs obsèques et opter pour des formules les moins chères possible.

L’émergence du low cost

Après les compagnies aériennes, les salles de sport et même les voitures, le low cost s’invite jusque dans les funérariums. Désormais, il est possible d’avoir des obsèques pour moins de 1.400 euros, soit 60% moins cher que les prix moyens du marché. «Les gens ne veulent pas payer trop cher pour une cérémonie de l’instant», explique Philippe Martineau, directeur général du réseau Le Choix Funéraire, le deuxième opérateur français du funéraire. «Quand on n’est plus là, on n’est plus là. Moi, je veux quelque chose de simple, sans chichi et qui ne coûte pas trop cher», explique Patrick Lemaire, 49 ans, qui vit dans le Pas-de-Calais et qui a souscrit cette semaine un contrat obsèques auprès d’Ecoplus Funéraire, un opérateur low cost du secteur. Quelques jours après l’enterrement de son meilleur ami chez cet opérateur, il a opté pour la même formule à bas coût. «Il a eu à peu près les mêmes prestations que mes parents, dont les funérailles avaient coûté environ 5.000 euros. Ça m’a convaincu : je préfère consacrer mon argent à profiter de la vie avec ma famille qu’à payer un cercueil grand luxe», poursuit-il.

Le choix du préfinancement

Aujourd’hui, 5 millions de Français ont préfinancé leurs obsèques. «Depuis une dizaine d’années, il y a une progression exponentielle du préfinancement. Rien que l’année dernière, 400.000 contrats obsèques ont été souscrits. D’après les prévisions, en 2025, les Français seront plus de 11 millions à opter pour un mode de préfinancement», détaille Philippe Martineau. Des contrats souscrits de plus en plus tôt, avant l’âge de 60 ans. «Les gens se disent que tant qu’ils sont actifs, il vaut mieux payer aujourd’hui ce que leur retraite ne leur permettra pas forcément de payer demain», poursuit-il. «Perdre ma mère a été très dur, elle avait entièrement préfinancé ses obsèques et nous n’avons eu qu’à penser à notre deuil», raconte Patrick, qui a perdu ses deux parents à un an d’intervalle. «Je ne voulais pas que mon épouse ou mes enfants aient à se soucier des questions d’argent, alors j’ai pris une formule où je paie 15 euros par moins sur quinze ans. Et depuis que j’ai signé, je me sens apaisé», explique-t-il.

Se méfier des prix trop bas

Avec des prix encore plus tirés vers le bas, il existe des formules obsèques à moins de 800 euros. Mais à ce prix-là, seul le service minimum est garanti.  Paperasse, toilette et habillage du corps, mise en bière, etc. : beaucoup de démarches restent à la charge des proches, qui ne sont pas forcément préparées à affronter ces conditions. Sans compter les coûts supplémentaires à prévoir. Frais d’inhumation ou de crémation et autres taxes locales ne sont pas comprises dans le prix. Au final, l’offre n’est économique que sur le papier et peut perturber le travail de deuil des proches.

L’UFC Que Choisir conseille de faire réaliser plusieurs devis auprès de différents opérateurs funéraires et demande au gouvernement de réfléchir à des sanctions pour les entreprises du secteur qui ne respectent pas les modèles de devis obligatoires.