Paris le 09 mai 2012. Dispositif policier autour du proces de Antonio Ferrara juge en appel a Paris au TGI palais de justice de Paris pour un braquage a Joinville en 1999. Gendarmerie. Forces de police. Salle des pas perdus. Illustration cour d'assises.
Paris le 09 mai 2012. Dispositif policier autour du proces de Antonio Ferrara juge en appel a Paris au TGI palais de justice de Paris pour un braquage a Joinville en 1999. Gendarmerie. Forces de police. Salle des pas perdus. Illustration cour d'assises. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Le 10 septembre 2012, elle a tiré trois coups de fusil dans le dos de son mari. Il est mort sur le coup. Jacqueline Sauvage, 65 ans, comparaissait depuis vendredi 24 octobre devant la cour d'assises du Loiret. Elle a raconté plusieurs dizaines d’années d’un enfer conjugal fait de coups et d’abus sexuels de ses propres filles. La cour d'assises l'a condamnée mardi à dix années de réclusion.

L’avocate générale avait requis entre douze et quatorze ans de prison, mais sans retenir la préméditation contre Jacqueline Sauvage.

Son fils, victime de violences, s'est suicidé

Lors de l’audience entamée vendredi, les filles de la victime ont témoigné à charge contre leur père, entrepreneur d’une société de transport, mort à 65 ans. «Notre père est décédé et pour moi, c’est un soulagement», a déclaré l’une d’elles, violée à l’âge de 16 ans et victime de graves violences alors qu’elle était devenue une adulte.

«Il était sans pitié, c’était plus fort que lui», a ajouté sa sœur aînée. «Il m’a détruite intérieurement, je n’arrive pas à tourner la page», a ajouté la troisième. Toutes trois ont été violées, battues comme l’était leur mère. Leur frère, également victime des violences de son père, s’est suicidé la veille du jour où leur mère a finalement tué son mari.

Au cœur de l’audience, la présidente de la cour, Catherine Paffenhoff, a en revanche longuement questionné la passivité de l’épouse face à ce mari tyran, gros consommateur d’alcool, la non-dénonciation des coups, des incestes. «On avait peur de lui, il nous terrifiait», a répondu l’une de ses filles.

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