Monnaie, le 30 mai 2014. Un gendarme montre un test de dépistage aux stupéfiants positif lors d'un contrôle routier.
Monnaie, le 30 mai 2014. Un gendarme montre un test de dépistage aux stupéfiants positif lors d'un contrôle routier. - GUILLAUME SOUVANT / AFP

Les conducteurs qui flirtent avec la ligne blanche n’ont qu’à bien se tenir. La gendarmerie et la police nationale vont expérimenter, à partir de décembre, des nouveaux tests salivaires afin de dépister les chauffeurs qui roulent sous l’emprise de stupéfiants, a appris 20 Minutes, lundi soir, auprès de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca).

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Prévue pour durer six mois, l’expérimentation de ces nouveaux tests aura lieu dans les Alpes-Maritimes, la Dordogne, la Gironde, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, la Moselle, le Nord, la Haute-Savoie, les Yvelines et Paris. «Si les résultats sont concluants, ces nouveaux tests seront généralisés à partir du 1er juin dans toute la France», indique à 20 Minutes, Danièle Jourdain Menninger, la présidente de la Mildeca qui pilote le projet.

Des statistiques effrayantes

A l’origine de ce projet, il y a d’abord un constat: la drogue au volant tue. «Un cyclomotoriste sur trois impliqué dans un accident mortel est positif aux stupéfiants, un motocycliste sur cinq et un conducteur de voiture sur sept aussi», indique encore Danièle Jourdain Menninger. De fait, dans 4% des cas, l'usage des stupéfiants est le facteur principal d'un accident.

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Si des tests de dépistage existent déjà, ils sont aujourd’hui très compliqués à mettre en place par les forces de l’ordre. «Il y a d’abord un premier test salivaire qui, s’il est positif, doit être confirmé par une prise de sang réalisée à l’hôpital, explique la Mildeca. Bien souvent, deux policiers doivent attendre la prise de sang avec le chauffeur pendant des heures. C’est très chronophage.»

Un simple coton-tige dans la bouche

Les nouveaux tests de dépistage qui vont être expérimentés sont plus simples et peuvent être effectués sur le bord de la route. «Il s’agit d’un double test salivaire, poursuit la Mildeca. On demande d’abord au conducteur de passer un coton-tige dans la bouche. Si le test est positif, il doit recommencer avec un second coton-tige qui valide et permet de dire quelle substance a été prise.»

Menée de façon anonyme et sur la base du volontariat, l’expérimentation comparera les résultats des deux méthodes –celle en vigueur et la nouvelle– afin de s’assurer de la fiabilité. «Ce n’est pas un plan antijeunes, prévient la présidente de la Mildeca. On leur dit juste de faire attention car les conséquences peuvent être dramatiques.» En 2013, 48.000 conducteurs ont été contrôlés positifs aux stupéfiants sur 144.000 tests effectués.

«Conduite sous l’emprise de stupéfiants»

La peine encourue pour ce type d’infraction est de deux ans d’emprisonnement et de 4.500 euros d’amende. «Cela peut monter à sept ans de prison et 100.000 euros d’amende en cas de blessures ou d’homicides involontaires», explique encore la Mildeca. En outre, le chauffeur pris en flagrant délit peut également être puni d’une suspension administrative de permis d’une durée de deux à six mois.

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