Pour combler le «trou de la Sécu», Marisol Touraine a prévu 700 millions d’euros d’économies sur la branche famille en 2015. Parmi les mesures annoncées fin septembre, la ministre de la Santé et de la Famille envisage la révision à la baisse des aides et des réductions d’impôts liées au recours au service rémunéré d’une personne pour la garde d’enfants à domicile.

Un sondage* Ifop pour la Fédération du service aux particuliers, paru ce lundi, sur l’impact de l’éventuelle baisse de ces aides familiales auprès des parents relève que 74% des parents concernés réduiraient ou cesseraient de déclarer la garde rémunérée d’enfants à domicile, en cas d’une baisse de 30% de ces aides. 34% des parents d’enfants de moins de dix ans qui y ont recours à ce jour au moins une fois, affirment qu’ils renonceraient complètement à ce mode de garde, 4 sur dix diminueraient leur recours.

Le risque du développement d'un marché au noir

A ce jour, selon les annonces de Marisol Touraine, le complément de mode de garde (CMG) versé par les Caisses d'allocations familiales (CAF) aux parents d'enfants de moins de 6 ans employant une assistante maternelle ou une garde à domicile serait réduit pour les 20% de familles les plus aisées. Cette aide varie aujourd'hui de 87,19 à 460,93 euros mensuels selon le nombre d’enfants et les revenus des ménages. Une quatrième tranche serait ajoutée pour les familles les plus riches, rendant la prestation plus progressive.

L’institut de sondage relève que la renonciation est davantage corrélée au niveau de revenus qu’au nombre d’enfants. Les foyers dont le revenu mensuel net est inférieur à 2.000 euros renonceraient deux fois plus que ceux culminant au-dessus de 4.000 euros.

Pour la vice-présidente de la Fédération, Sandra Küntzmann-Burgo un tel surcoût de la garde d’enfants obligerait les parents à «réduire leur temps au travail pour garder eux-mêmes leurs enfants ou à s’engager dans la mode de la garde informelle et illicite du travail non-déclaré d’une nounou non-professionnelle».

Méthodologie:

Etude réalisée par questionnaire en ligne auprès d'un échantillon de 468 personnes actives ayant des enfants de moins de dix ans selon la méthode des quotas du 1er au 9 octobre 2014.