Contre la transphobie, l'Existrans a réuni plusieurs milliers de personnes à Paris

DROITS DES TRANS La Marche des personnes trans et intersexes et des personnes qui les soutiennent s'est déroulée samedi à Paris...

Alice Coffin avec AFP

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L'Existrans le 18 ocotbre 2014

L'Existrans le 18 ocotbre 2014 — Nicolas Messayaz / Sipa

Plusieurs milliers de personnes ont défilé samedi à Paris pour les droits pour les personnes trans, aux cris de «contre la transphobie, faisons du bruit» ou «les psy c'est l'enfer, les trans en colère». La dix-huitième Marche des personnes trans et intersexes et des personnes qui les soutiennent réclamait, notamment, le changement d’état civil libre et gratuit.

«Nous voulons que le changement d'état civil soit libre et gratuit», a expliqué Teva Mouhi-Hassani du collectif Existrans. Le cortège, aux mots d’ordre très politiques, a défilé de la place Stalingrad, dans le 18ème arrondissement de Paris, jusqu'au parvis de l’Hôtel de Ville.

Il n'est aujourd'hui possible de changer de sexe à l'état civil que sur décision judiciaire et les juges exigent souvent des preuves médicales du «caractère irréversible du processus de changement de sexe», soit une stérilisation.

Dans le cortège, Tara Wels a raconté à l'AFP son parcours pour devenir légalement une femme: «J'ai dû payer 2.500 euros en frais d'avocats, montrer que je prenais des hormones depuis trois ans et présenter des pétitions de ma famille et de mes collègues.»

Ta mère s'appelle Robert, la transphobie ordinaire

Cette femme mariée, cadre à la SNCF, estime avoir traversé ces épreuves grâce à son « fort caractère » et au soutien de sa famille. Mais, selon elle, d'autres transsexuels souffrent davantage car «la transphobie est énorme et se manifeste par des moqueries et des insultes quotidiennes: on vous appelle Robert, on vous reproche d'être grande...».

Les manifestants ont donc réclamé des campagnes d'information et de sensibilisation. Ils ont également brocardé les slogans «idiots et blessants» des militants de La Manif pour tous, opposés au mariage homosexuel.

«Leur lobbying a fragilisé le pouvoir en place et les trans sont devenus les grands oubliés de la politique», a regretté Teva Mouhi-Hassani, au milieu des pancartes des principales associations de défense des transsexuels et homosexuels, et de celles des Verts, du Front de gauche et de mouvements féministes.