Sécurité routière: «Les conducteurs de deux-roues motorisés sont plus prudents que les automobilistes»

INTERVIEW Eric Thiollier, délégué général de la Fédération française des motards en colère, réagit aux résultats du baromètre Axa prévention sur le comportement des conducteurs de deux-roues motorisés (motos et scooters) publié ce mardi…

Propos recueillis par Delphine Bancaud

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Nice, le 050213 - Illustration motards moto sÈcuritÈ routiËre accidents

Nice, le 050213 - Illustration motards moto sÈcuritÈ routiËre accidents — no credit

Une étude qui risque de faire grincer les dents des conducteurs de deux-roues motorisés (2RM). Selon le baromètre Axa prévention publié ce mardi, ces  derniers, même s’ils se sentent vulnérables, prennent néanmoins des risques réels sur la vitesse, l’usage du téléphone et la consommation de psychotropes. Des résultats que commentent Eric Thiollier, délégué général de la Fédération française des motards en colère.

Le baromètre Axa prévention montre qu’une bonne part des conducteurs de deux-roues motorisés (2RM) sont imprudents, partagez-vous cette analyse?

Non, on est loin du cliché du conducteur de 2RM qui se fout des règles. Et d’ailleurs, cette étude montre surtout que dans l’ensemble, les conducteurs de 2RM sont plus prudents que les automobilistes. Car si 58% d’entre eux déclarent ne pas toujours s’arrêter au feu orange, les automobilistes sont 72% à le faire ! Et si 23% d’entre eux téléphonent parfois en conduisant, 34 % des automobilistes le font. Ils pratiquent aussi moins l’envoi de SMS que ces derniers (11% contre 19%).  

Mais cela reste néanmoins une pratique assez courante…

Bien sur, ces chiffres restent inquiétants. On sait très bien que la vigilance d’un conducteur de 2RM doit être totale et qu’il n’a pas le droit à l’erreur. Rouler en téléphonant, qui plus est, sans kit mains libres est donc une absurdité totale. Il faut aussi noter que cette pratique est plus répandue chez les scootéristes que chez les motards (38% versus 18%) car ces derniers ne sont pas passés par la case formation/permis et sont donc moins sensibilisés à la sécurité routière.

Concernant la vitesse, les conducteurs de 2RM ne semblent pas non plus très vertueux puisque 57% d’entre eux reconnaissent parfois rouler à 65km/h en ville et 41% à 160/170 km/h sur autoroute…

Mais il ne s’agit pas de la vitesse moyenne à laquelle ils empruntent ces voies. Ils indiquent juste que ce type de comportement leur arrive parfois. D’ailleurs on note que ces pratiques se sont améliorées sur 10 ans. Car en 2004, ils étaient 73% à rouler à 65 km/h en ville et 62% à rouler parfois à 160/170 km/h sur autoroute.

Et que pensez-vous des 15% de conducteurs de 2RM qui roulent sous l’emprise de psychotropes ?

Ils sont moins nombreux que les automobilistes à le faire. Il n’empêche que ce type de comportement ne doit pas se banaliser. Car rouler sous l’emprise de psychotrope, ça ne pardonne pas. Les conducteurs de 2RM sont encore plus vulnérables que les autres dans ces cas là, comme le montre les chiffres de la Sécurité routière.

Quelles mesures devraient être prises selon vous pour améliorer leur sécurité ?

Il faut repenser l’aménagement routier de certains axes car une plaque de gravier par exemple, peut faire chuter rapidement un conducteur de 2RM.  Une meilleure sensibilisation à l’équipement des conducteurs me semble aussi nécessaire ainsi que la légalisation de la circulation entre files.