Paris, le 18 août 2014. Le convoi d'un prince saoudien a été braqué, dimanche 17 août, au niveau de la Porte de la Chapelle.
Paris, le 18 août 2014. Le convoi d'un prince saoudien a été braqué, dimanche 17 août, au niveau de la Porte de la Chapelle. - HOUPLINE/RENARD/SIPA

Dans le flot de questions qui entourent le braquage du convoi d’un prince saoudien, dimanche soir à Paris, les enquêteurs n’ont pour l’instant que deux certitudes. «Les malfaiteurs étaient aguerris et bien renseignés», confie ainsi l’un d’entre eux à 20 Minutes. Quasiment une lapalissade puisque l’on sait que les braqueurs n’ont pas hésité à arrêter sur le périphérique le convoi de ce dignitaire qui transportait 250.000 euros en liquide et des documents dits «sensibles».

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Les cinq à huit malfaiteurs n’ayant laissé, pour toute trace, que les cendres de leur véhicule incendié dans un champ de maïs de Seine-et-Marne, les enquêteurs s’intéressent aujourd’hui à toutes les personnes qui auraient pu les «tuyauter» sur le parcours emprunté par le convoi saoudien pour se rendre de l’hôtel George V à l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis). 20 Minutes fait le point sur l’enquête.

Le convoi saoudien était-il reconnaissable?
Sur les treize véhicules que comptait le convoi, les braqueurs ne s’en sont pris, a priori, qu’à la seule voiture qui contenait de l’argent liquide et les documents dits «sensibles». «Ils savaient exactement ce qu’ils faisaient, exactement où frapper», confie une source policière.


Braquage d’un prince saoudien à Paris par 20Minutes

L’ambassade d’Arabie saoudite a précisé que le monospace Mercedes Viano intercepté n’était pas un véhicule de la représentation diplomatique. Il n’était donc pas reconnaissable à des plaques d’immatriculation spécifique. Loué en Allemagne, le véhicule était, selon les premiers éléments de l’enquête, anonyme dans le flot de la circulation. «Le renseignement [sur le parcours] a peut-être été fourni par une indiscrétion émanant de la société de location», avance un policier dans les colonnes du Figaro.

L’aéroport du Bourget était-il informé du parcours?
Directeur de l’aéroport du Bourget (Seine-Saint-Denis), François Charritat juge, ce mardi, dans les colonnes du Parisien l’hypothèse d’une complicité au sein de son établissement comme «peu probable». «Nous n’avions aucune information sur l’heure précise du vol [privé] et encore moins sur l’heure de départ de l’hôtel.»

La fuite peut-elle venir de l’hôtel George V?
Si le palace parisien se refuse à délivrer la moindre information sur son prestigieux client, il laisse toutefois entendre qu’il n’était pas chargé de sa sécurité en particulier. «Le prince disposait de son propre service de sécurité», confie ainsi à 20 Minutes un porte-parole de l’hôtel George V.

Un convoi saoudien s'est fait braquer au niveau de la porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris. - IDE / 20 Minutes


De fait, l’hôtel n’était plus en charge de lui à partir du moment où il a franchi ses portes pour se rendre à l’aéroport. Pour ce qui est des indiscrétions qui auraient pu émaner d’un salarié, le porte-parole se veut catégorique. «Comme dans tous les hôtels, les salariés ont un devoir de discrétion. Les infos relatives aux clients doivent rester dans l’hôtel…»

Selon nos informations, aucun enquêteur de la police ne s’était rendu, mardi matin, dans le palace pour procéder à des interrogatoires.

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