Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve donne une conférence de presse, le 2 août 2014 à Paris
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve donne une conférence de presse, le 2 août 2014 à Paris - Dominique Faget AFP

M.B. avec AFP

Bernard Cazeneuve n’aura pas traîné. Le ministre de l’Intérieur a annoncé samedi vers 15h00 que le policier interpellé un peu plus tôt dans l’enquête sur la disparition de 52,6 kg de cocaïne placés sous scellés au 36 Quai des Orfèvres, siège de la police judiciaire (PJ) parisienne, a été suspendu de ses fonctions.

«J’ai décidé immédiatement, à titre conservatoire, de suspendre ce brigadier de police, a déclaré le premier flic de France lors d’une brève déclaration place Beauvau. Si l’enquête devait confirmer son implication, et dès que j’aurai connaissance des conclusions de cette enquête, je prendrai toutes les sanctions et autres dispositions nécessaires».


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«Ce type de dérive ne peut exister dans la police»

Le suspect est considéré comme «quelqu’un de confiance a priori», un peu «effacé» et qualifié de «passe-muraille», selon des sources policières. Et selon de tout premiers éléments d’enquête, il serait «propriétaire de plusieurs biens immobiliers», notamment de sept appartements à Perpignan, ce qui intrigue les enquêteurs.

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Bernard Cazeneuve a souhaité «que les investigations en cours fassent toute la lumière sur ces actes intolérables afin de savoir comment ils ont été perpétrés et s’il y a eu des complicités. Ce type de dérive ne peut exister dans la police de la République». L’audition du suspect permettra d’en savoir plus sur ses motivations et surtout s’il a bénéficié de complices, au sein de la police ou pour la revente de la drogue. Un «acte isolé» sans complicités internes était privilégié samedi, selon les mêmes sources.

Le ministre a jugé qu’il s’agissait d’une «affaire extrêmement grave» dont il a dit qu’il tirerait «en temps et en heure toutes les conséquences». Du même souffle, il en a profité pour rendre hommage aux fonctionnaires de police «dont la réputation ne saurait être atteinte par le comportement inqualifiable et abject d’individus qui n’ont pas leur place dans les rangs de la police nationale».

«On a plus affaire à un imbécile qu’à un véritable ripou»

Su BFM-TV, René-Georges Querry, ancien commissaire de police, ne s’est pas dit «surpris que ce soit un fonctionnaire des stups qui soit interpellé, même s’il n’est pas encore reconnu coupable, parce que l’affaire ne pouvait être menée que par un membre de cette brigade». Interrogé vendredi par 20 Minutes, Claude Cancès, ancien directeur de la PJ parisienne, nous confiait que pour lui aussi «ça ne peut être qu’un flic, car pour avoir les clés (de la pièce sécurisée et blindée où se trouvait la drogue ndlr), vous l’imaginez, il y a un processus à respecter.»

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En revanche, René-Georges Querry s’étonne du profil du suspect. «C’est un fonctionnaire irréprochable, un excellent fonctionnaire de police….Je pense qu’il a fait ce que l’on appelle souvent dans la police un "délit de connerie". Parce qu’il faut vraiment être complètement abruti pour espérer soustraire 50 kg de cocaïne de la brigade des stups, pour ensuite aller la négocier avec je ne sais trop qui. Franchement, on a plus affaire à un imbécile qu’à un véritable ripou ou un voyou intelligent».


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