La manifestation propalestienne est interdite samedi à Paris, annonce la préfecture de police. François Hollande a invoqué vendredi au Niger des «risques pour l’ordre public» pour justifier l’interdiction d’une manifestation propalestinienne samedi à Paris par la préfecture de police.

«Il ne peut pas y avoir d’importation du conflit en France, il ne peut pas y avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l’ordre public», a expliqué le chef de l’Etat à des journalistes en marge d’un déplacement au Niger.

«Risques graves de trouble à l’ordre public»

«Les conditions pour que le projet de manifestation prévu demain à Paris se déroule en toute sécurité ne sont aujourd’hui pas réunies», a déclaré la PP. «Au vu des risques graves de trouble à l’ordre public qu’engendrerait sa tenue dans un contexte de tension accrue, le préfet de police a décidé d’interdire la manifestation prévue demain entre Barbès et la place de l’Opéra», a fait valoir la PP.

Les organisateurs ont déposé un référé

Les organisateurs de la manifestation ont de leur côté annoncé qu’ils allaient introduire un référé liberté (recours en urgence) vendredi après-midi devant la justice administrative, dans l’espoir de pouvoir maintenir la manifestation. Au cours d’une conférence de presse, ils ont dénoncé une décision «qui s’oppose à une liberté fondamentale», selon leur avocat Hosni Maati.

Un rassemblement à Barbès même après l’interdiction

«Compte-tenu de l’escalade à Gaza, la colère est très grande et va vouloir s’exprimer. Que la manifestation soit autorisée ou non, il va y avoir des centaines ou des milliers de jeunes qui vont converger vers Barbès samedi», a déclaré Alain Pojolat du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), l’une des organisations qui appellent à manifester. La préfecture a précisé que sa décision avait été prise «à l’issue d’une procédure contradictoire qui s’est tenue» jeudi.

Dans la matinée, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’était prononcé en faveur de l’interdiction de cette manifestation de soutien à Gaza, après des incidents survenus dimanche dernier devant des synagogues parisiennes. «Je veux appeler chacun à la responsabilité, je suis ministre de l’Intérieur et par conséquent garant de la sécurité pour chacun et par ailleurs ministre des cultes (…) et du respect», avait-il dit sur Europe 1. «J’ai condamné ces actes violents qui se sont produits dimanche», ils sont «intolérables» et «je ne peux pas accepter qu’ils se reproduisent» et «prendre le risque de voir demain des Français, quelle que soit leur confession, (être) exposés à des violences». Par conséquent, il avait demandé aux préfets de «regarder au cas par cas» les manifestations prévues.

Le NPA appelle à se rassembler malgré l’interdiction

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a appelé vendredi à «se rassembler» samedi en faveur de la Palestine, malgré l’interdiction de manifester de la préfecture de police (PP). Le NPA se dit «indigné de cette interdiction et exige des autorités qu’elles reviennent sur cette décision».

>> Des manifestations interdites également à Sarcelles

Dimanche dernier, des incidents avaient éclaté devant deux synagogues, dont l’une située rue de la Roquette dans le 11e arrondissement parisien, à la fin d’une manifestation propalestinienne ayant rassemblé 7.000 personnes selon la police, 30.000 selon les organisateurs.