Un manifestant pro-palestinien dans les rues de Paris le 13 juillet 2014.
Un manifestant pro-palestinien dans les rues de Paris le 13 juillet 2014. - K.TRIBOUILLARD / AFP

«Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s’importer» en France. Ce lundi, au lendemain des heurts qui se sont produits aux abords de la synagogue de la rue de la Roquette à Paris, le président de la République François Hollande a profité de la traditionnelle interview présidentielle du 14 juillet pour appeler à l’apaisement dans l’hexagone.

La veille, en marge d’une manifestation en soutien à la population de Gaza et à la Palestine dans le quartier de la Bastille, manifestants pro-palestiniens et militants de la Ligue de défense juive (LDJ) s’étaient violemment affrontés. Depuis, c’est sur les réseaux sociaux que l’affrontement se poursuit, les deux camps se rejetant mutuellement la responsabilité des échauffourées de ce dimanche.

Appels à la haine et à la violence sur Twitter

Sur son compte Twitter, la LDJ affirme que les pro-palestiniens auraient prémédité l’attaque de la synagogue, capture d’écran à l’appui.

Mais selon plusieurs sources, c’est un extrémiste juif qui aurait mis le feu aux poudres sur le réseau social en donnant rendez-vous à «17h30 synagogue rue de la Roquette» aux «pro palos et aux juifs». Connu sous le pseudo «Israël Kahane», en référence à Meir Kahane, fondateur du parti sioniste d’extrême droite Kach et de la LDJ, l’individu n’en était pas à sa première provocation.

Son compte est aujourd’hui suspendu, mais il avait déjà retiré ses tweets au bout de quelques minutes, le temps de recevoir une pluie de réprimandes, largement reprises sur la twittospère.

Les manifestants pro-palestiniens, de leur côté, assurent que les affrontements de ce dimanche sont le fruit d’une manipulation orchestrée par les militants de la LDJ, dans le but de faire interdire les manifestations de soutien à Gaza. Sur le web, une vidéo amateur montrant les heurts qui se sont produits rue de la Roquette prouverait, selon les pro-palestiniens, que ce sont les membres de la LDJ eux-mêmes qui auraient contraint les fidèles à rester dans la synagogue. Ils assurent également ne pas s’en être pris au temple.

 

Alors que de nouvelles manifestations sont prévues sur le territoire ce samedi, un scénario similaire à celui de dimanche se profile, avec des pages Facebook appelant les pro-palestiniens à se rassembler.

Vers une interdiction de la manifestation propalestinienne de samedi

Trois jours après les heurts violents de la rue de la Roquette, les autorités cherchent à éviter de nouveaux débordements. La préfecture de police de Paris a donc engagé une procédure pour interdire une manifestation de soutien à Gaza prévue samedi à Paris. Une décision motivée «au vu des risques graves de trouble à l’ordre public qu’engendrerait» cette manifestation, «dans un contexte de tension accrue», précise-t-on du côté de l’institution.

«Quelles que soient les opinions des uns et des autres, cela ne doit absolument pas se traduire par des actes de violence qui isolent une partie de la Nation. Il est essentiel qu’on revienne au vivre ensemble», a insisté Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

Une opinion partagée par le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, et le président de l’Union des mosquées de France, Mohammed Moussaoui, qui ont lancé ce mardi un appel au calme. La mosquée parisienne «recommande fermement le respect des lieux de culte sans exception», condamnant «de tels débordements», qui «ne doivent pas perturber la vie des Français, quelle que soit leur confession».

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