Geneviève Fioraso, Secrétaire d'Etat à l'Enseignement superieur dans son bureau le 16 mai 2013.
Geneviève Fioraso, Secrétaire d'Etat à l'Enseignement superieur dans son bureau le 16 mai 2013. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Faire de l’entrepreneuriat un vrai choix d’orientation. Alors que François Hollande recevra vendredi les 10 lauréats de la première édition des Tremplins pour l’entrepreneuriat étudiant, la secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur Geneviève Fioraso dévoile à 20 Minutes, les contours du statut étudiant-entrepreneur qui sera lancé à la rentrée 2014.

Pourquoi la France compte-t-elle si peu d’étudiants entrepreneurs?

Selon l’APCE (Agence pour la création d’entreprises) seulement 3 % des créateurs d’entreprises étaient étudiants en 2013. C’est trop peu par rapport aux Etats-Unis, où de grandes entreprises comme Google ou Facebook ont été créées par des étudiants. Il est temps de faire émerger des Zuckerberg à la française! Si dans les écoles de commerce et d’ingénieurs, il existe des filières dédiées à l’entrepreneuriat, elles ne sont pas assez développées dans les autres établissements du supérieur. Et les étudiants ne sont pas assez accompagnés dans la mise en œuvre de leur projet. C’est pour cela que nous avons lancé à la rentrée 29 Pepite (Pôles pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat) et que nous délivrerons dès la rentrée 2014 un statut national d’étudiant-entrepreneur.

En quoi consistera-t-il?

Il permettra à l'étudiant qui veut monter son entreprise de se consacrer à son projet, en parallèle à son cursus. Il pourra obtenir un aménagement de ses études, en ayant par exemple la possibilité de travailler sur son projet à la place d’un stage. Il pourra aussi suivre des modules de formation à la création et obtenir un diplôme d'établissement «étudiant-entrepreneur», qui lui attribuera des crédits ECTS comptant dans son cursus. Et surtout, il sera accompagné dans l’élaboration de son projet par deux tuteurs (un enseignant et un chef d’entreprise) et aura accès aux espaces de travail coopératifs, coworking au sein d’un Pepite. Ce statut sera également une sorte de label, qui crédibilisera l’étudiant auprès des banques, de ses futurs fournisseurs et clients.

Quelles seront les conditions pour en bénéficier?

Ce statut est accessible à tous les étudiants de l’enseignement supérieur quelle que soit leur formation, et aussi aux jeunes diplômés qui pourront ainsi voir leur statut d’étudiant et les prestations associées (couverture sociale, restauration, transport…) prolongés pendant un an. Pour y avoir accès, il faut être sélectionné par le Pepite du campus de rattachement de l'étudiant et avoir moins de 28 ans. Un jury évaluera la qualité du projet.

Vous visez 20.000 créations ou reprises d’entreprises par des étudiants d’ici à 2018, n’est-ce pas un peu ambitieux?

Si, mais je veux vraiment encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes. C’est d’autant plus vital en période de crise. Nous y mettons d’ailleurs les moyens grâce à un budget de 4,6 millions d'euros pour 29 Pepites, qui aura un effet levier. Tout comme le concours Tremplins entrepreneuriat étudiant, qui permettra de faire émerger de nouvelles entreprises.

*Un prix pour booster les jeunes pousses

Le prix «Tremplin entrepreneuriat étudiant» est proposé aux jeunes porteurs de projets. Pour la première édition, 131 projets ont été retenus, mais seulement 50 d’entre eux ont été primés: 40 lauréats recevront une bourse de 5.000 euros et 10 lauréats une bourse de 10.000 euros.

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