L'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), a fait sept morts et 32 blessés le 12 juillet 2013.
L'accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), a fait sept morts et 32 blessés le 12 juillet 2013. - Kenzo Tribouillard AFP

Robert Hazan, expert judiciaire nommé dès les premières heures dans l’enquête, a rendu ses premières conclusions sur l’accident ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) survenu le 12 juillet 2013. Sept personnes y ont trouvé la mort, 32 autres ont été blessées. Il s’agit du premier rapport indépendant sur l’accident, note Le Parisien. Le plus inquiétant aussi. La cause de l’accident est bien le basculement d’une éclisse - la pièce reliant deux rails sur une zone d’aiguillage - autour de son boulon.

La SNCF a tenu à répondre ce mardi à ce rapport, lors de la conférence à la suite des annonces de grève. «A la suite de l'accident de Bretigny, la SNCF et RFF ont pleinement asumé les conséquences. La SNCF n'a pas pris connaissance de ce rapport, qui n'est en rien les conclusions de l'enquête.» 

Sur 154 boulons contrôlés, plus d’un tiers posaient problème

Mais Robert Hazan révèle d’autres négligences. Sur les 154 boulons contrôlés par l’expert sur le secteur, 59, soit plus d’un tiers, étaient desserrés, cassés, ou carrément absents de leur logement. L’accidentologue a aussi demandé que la jonction en cause soit découpée à la tronçonneuse afin d’examiner l’ensemble de la boulonnerie, poursuit Le Parisien.

Sur la première partie du secteur contrôlé, qui comprend 77 boulons, 18 d’entre eux étaient desserrés, dont un complètement, et trois absents. Ce sont ces trois derniers boulons manquants qui ont entraîné le basculement de l’éclisse à l’origine de l’accident, selon l’expert. Sur la deuxième partie examinée, qui comprend également 77 boulons au total, 25 étaient desserrés et 13 manquants.

Aucune défaillance majeure notée par la SNCF avant l’accident

Pire, les rapports d’inspection réalisés par les techniciens de la SNCF sur cette jonction dans les mois précédant l’accident, et dont l’expert a pu se procurer copie, ne révèlent aucune défaillance majeure. Le spécialiste préconise néanmoins une expertise métallurgique sur les pièces en cause pour déterminer leur état avant l’accident.

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