La maison-d'arrêt de Villeneuve-Lès-Maguelone (Hérault).
La maison-d'arrêt de Villeneuve-Lès-Maguelone (Hérault). - DAMOURETTE/SIPA

Pour la quatrième fois en près de six ans, le contrôleur général des lieux de privation et de liberté (CGLPL) a saisi en urgence les autorités pour les alerter sur la situation des mineurs de la maison d’arrêt de Villeneuve-Lès-Maguelone (Hérault), où des violences ont été constatées.

Partisane de la limitation de l’enfermement des mineurs, Maria Inès, co-secrétaire national du SNPES-PJJ/FSU, le syndicat d’agents de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), revient pour 20 Minutes sur ces violences…

Avez-vous été surpris par l’alerte lancée par le contrôleur général?

Malheureusement, non. Nous étions au courant de la situation à Villeneuve-Lès-Maguelone. Notre syndicat avait pris l’initiative d’alerter la PJJ qui n’a pas pris la mesure de ce qui se passait. Il est regrettable que le contrôleur général ait à taper du point sur la table pour alerter d’une situation.

Cette maison d’arrêt est-elle la seule à présenter ce type de problèmes?

La situation à Villeneuve est particulière. Le problème principal est la très grande proximité du quartier des majeurs de celui des mineurs. Ça n’est pas comme cela partout. Mais tout de même, les conditions de détention des mineurs, à l’instar d’ailleurs de celles des majeurs, restent difficiles partout. La PJJ a pourtant mis beaucoup de ses propres moyens pour intervenir en prison. Malheureusement, cela ne change pas vraiment les conditions d’enfermement.

Cela veut-il dire qu’un éducateur de la PJJ ne peut pas faire son travail en prison?

Il y a des personnels de la PJJ au sein des lieux de détention. Ils sont formés et font très bien leur boulot mais ne peuvent pas le faire jusqu’au bout. Car quoi qu’ils fassent, cela ne limite pas les effets destructeurs de la détention sur des adolescents. Il faut savoir qu’un mineur dans une prison, c’est très compliqué. C’est explosif. Ils sont déjà souvent très destructurés. L’enfermement accentue leurs problèmes.

Les conditions de détention ne se limitent pas qu’aux éléments matériels. Le contrôleur général évoque un «rite de passage»…

C’est un leurre de penser que les surveillants et éducateurs sont complémentaires. C’est aussi l’organisation interne de l’administration pénitentiaire qui ne va pas. Ma conviction est qu’il faut limiter au maximum l’incarcération pour les mineurs. S’ils ne comprennent pas que les barreaux ne sont qu’un passage et qu’ils n’ont en tête aucun projet de construction personnelle à la sortie, ça ne peut pas fonctionner.

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