Elles ne sont pas tenues de le faire, et pour la majorité des écoles privées, 2014 ne marquera pas le début de l’entrée en vigueur de la réforme des rythmes scolaires. Lors de son audition devant la mission commune d’information au Sénat en février, le secrétaire général de l’enseignement catholique Pascal Balmand avait indiqué que «moins de 10%» des établissements pourraient être concernés en septembre prochain.

Des moyens insuffisants pour les activités périscolaires

Il faut dire que rien n’oblige le privé à emboîter le pas du public. En effet, le décret du 24 janvier 2013 ne leur impose pas de passer à la semaine de 4 jours et demi, mais seulement de respecter le même volume horaire hebdomadaire. Ainsi, Nathanaël Gouroud, directeur de l’école privée Saint-Nicolas à Nantes, a-t-il fait le choix de conserver la semaine à 4 jours: «Nous n’appliquerons pas la réforme des rythmes scolaires pour trois raisons principales. La première, c’est que les familles ne le souhaitent pas. Le coût serait aussi trop important à supporter pour notre école. Enfin, l’expérience ailleurs a montré que ça n’apportait pas la réponse».

Le coût, un point également soulevé par Eric Rat, directeur de l’école Saint-Grégoire, à Pithiviers: « Pour pouvoir appliquer cette réforme, il faut avoir les moyens de financer le périscolaire. Or, nous ne pouvons pas le faire en l’état actuel des choses ». Laurence Roger, présidente du syndicat national de l’enseignement catholique, précise: «Il n’y a pas un refus de la réforme, c’est tout le côté pratique qui interroge. Dans des écoles de villages ou de petites villes, tous les élèves prennent le bus ensemble.  Si les horaires du privé et du public sont dissociés, il va falloir revoir l’organisation. La question du financement des activités est aussi problématique. Certaines mairies englobent les enfants scolarisés dans le privé dans leur réflexion,  d’autres le font moins, voire pas du tout».

«Il ne faut pas précipiter les choses»

En Bretagne, où le nombre d’établissements catholiques est élevé, certains, comme Rachel Josse, directrice de l’école Sainte-Anne à Bain-de-Bretagne (35), ont fait le choix de se lancer: «On le fait car on sait qu’à terme, c’est une évolution incontournable. Mais on a beaucoup de réserves par rapport aux activités périéducatives. Nos moyens sont limités, même si la mairie nous accorde une aide».

Selon Caroline Saliou, présidente de l’Appel (association de parents d’élèves de l’enseignement libre), d’autres songeraient à faire de même: «Nous avons des retours d’établissements qui sont en phase de réflexion, qui s’informent et échangent pour bien préparer leur projet. Ils ne sont pas contre la réforme, mais ils veulent prendre le temps de réfléchir à un vrai projet pédagogique. Si ça doit prendre une année en plus, ce n’est pas grave. Le tout est d’agir dans l’intérêt de l’enfant.»

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