Charb, directeur de la publication de Charlie Hebdo, le 27 décembre 2012, à Paris.
Charb, directeur de la publication de Charlie Hebdo, le 27 décembre 2012, à Paris. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Une plainte circonscrite à l'Alsace et à la Moselle. La Ligue de défense judiciaire des musulmans – LDJM, créée à l'été 2013 par l'ex-avocat Karim Achoui – a utilisé, en décembre, le concordat où figure le délit de blasphème pour porter plainte contre Charlie Hebdo. Ce lundi, le tribunal correctionnel de Strasbourg se penche sur la une du journal satirique du 10 juillet 2013. Après une tuerie en Egypte, il titrait : «Le Coran c'est de la merde, ça n'arrête pas les balles.»

«Cible visible»

Cette plainte n'inquiète pas Charb, le directeur de Charlie Hebdo. «On sait d'avance que le procès n'ira pas jusqu'au bout dans la mesure où la religion musulmane n'est pas dans le concordat [qui reconnaît et régit les cultes catholique, réformé, luthérien et israélite].» Samim Bolaky, avocat au barreau de Paris et secrétaire général de la LDJM, en est conscient mais ajoute : «On a saisi l'opportunité de porter plainte pour que le juge se prononce sur la question : quelle est la place de la religion islamique dans le concordat ?»

«Les musulmans aspirent à bénéficier des mêmes droits que les autres croyants», poursuit Me Bolaky. Soit en Alsace-Moselle la rémunération des ministres du culte par l'Etat ou l'enseignement religieux obligatoire à l'école publique notamment.

Charb, pour qui «le concordat est une aberration», estime que Charlie Hebdo est visé car «parmi toutes les cibles possibles nous étions l'une des plus visibles médiatiquement».

■ Autre motif à Paris

La LDJM a aussi porté plainte contre Charlie Hebdo devant le tribunal de Grande instance de Paris pour «provocation et incitation à la haine à raison de l'appartenance religieuse ainsi que d'injure».

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