La Réunion: Un jeune perd un oeil après un tir de flash-ball par un policier, l'IGPN saisie

ENQUÊTE n policier a fait usage de son flash-ball dans la nuit du 1er au 2 février au Port, blessant grièvement au visage un jeune de 17 ans...

B.D. avec AFP

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Flashball, image d'illustration.

Flashball, image d'illustration. — RACKAM/WPA/SIPA

Le procureur de la République de Saint-Denis de La Réunion a ouvert ce vendredi une information judicaire pour violences volontaires visant un policier et saisi la police des polices suite à un tir de Flash-ball sur un adolescent qui a perdu un oeil lors de violences urbaines le 1er février.

«Le fonctionnaire n'a pas utilisé son arme à bon escient selon les premiers éléments de l'enquête», a déclaré le magistrat, Philippe Muller, confirmant une information du Journal de l'Ile de la Réunion. Phillipe Muller a annoncé avoir ouvert une information judiciaire pour «violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une infirmité» et saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN)-chargée de veiller au respect des lois et règlements par les policiers- de Paris.

Plainte

Les faits se sont produits dans la nuit du 1er au 2 février au Port, où des affrontements se déroulaient depuis plusieurs nuits entre des jeunes casseurs et les forces de l'ordre. Selon les premiers éléments de l'enquête, les policiers sont intervenus aux côtés des pompiers pour éteindre un feu de voiture près d'une station-service. L'un d'eux a fait usage de Flash-ball blessant grièvement au visage un jeune de 17 ans, le touchant au nez et à l'arcade. Le jeune homme prénommé Steve a été transporté à l'hôpital où il a été opéré le lendemain, mais a perdu l'usage d'un oeil.

Sa famille a décidé de porter plainte en assurant qu'il ne faisait pas partie des casseurs. «Il était juste en train de regarder lorsqu'il a reçu un coup de Flash-ball», a déclaré un de ses proches au site Imaz press Réunion, qui a révélé l'affaire en début de semaine. Le policier n'a pas été identifié, pas plus que l'unité à laquelle il appartient, selon le parquet de Saint-Denis. «On n'a pas la version de la police. On a mené des auditions uniquement du côté de la victime. C'est l'IGPN qui entendra les policiers», a dit le procureur.

«J'ai ouvert (l'information judiciaire) au plus grave pour pouvoir saisir l'IGPN. Peut-être qu'on se retrouvera sur un tir accidentel lorsque l'enquête sera terminée», a-t-il ajouté, jugeant toutefois «crédibles les propos de la victime». «Ses auditions ont été corroborées pour partie par d'autres témoignages sur ce qui s'est passé avant et après les faits. La nature du tir permet de suspecter la présence des policiers sur les lieux», a-t-il ajouté. Selon le procureur, le jeune homme n'a pas d'antécédents judiciaires. Il est en 1ère S et «est bien intégré socialement».

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