Violence à la manif anti-Hollande: Quatre condamnations à 2 mois avec sursis

JUSTICE La manif du collectif «Jour de colère» avait terminé dans la violence dimanche dernier...

avec AFP

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Des affrontements ont opposé les forces de l'ordre à des manifestants à l'issue du «Jour de colère» contre François Hollande.

Des affrontements ont opposé les forces de l'ordre à des manifestants à l'issue du «Jour de colère» contre François Hollande. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce mardi quatre jeunes, interpellés dimanche à l'issue de la manifestation anti-Hollande à Paris, à des peines de deux mois avec sursis pour des violences contre les forces de l'ordre.

Aymeric Barthelemy de Saizieu, 20 ans, étudiant en BTS transport et logistique, Louis Marie Meurin, 18 ans, étudiant en deuxième année de médecine, et Loïc Rey, 18 ans, détenteur d'un bac pro de mécanique moto, ont été reconnus coupables d'avoir projeté une barrière de chantier en direction d'un cordon de gendarmes mobiles, sans l'atteindre. Un autre prévenu, Hughes Roumier, a également été condamné pour avoir lancé des pétards en direction des gendarmes.

Le tribunal a en revanche annulé pour un vice de forme la procédure engagée contre une autre prévenue, Sybille Durand, 18 ans, élève en terminale, accusée d'avoir jeté une cannette de bière vide en direction des forces de l'ordre. Enfin, l'examen du cas de deux autres prévenus a été reporté en raison de l'heure tardive.

Deux mois ferme requis

Dans ses réquisitions, le procureur avait requis des peines de deux mois ferme contre le trio en évoquant des individus immatures qui n'avaient pas su se contrôler et auraient pu provoquer de sérieuses blessures. Il avait aussi demandé une peine d'un mois avec sursis contre la jeune femme. Les avocats des quatre prévenus avaient plaidé la relaxe de leurs clients, estimant notamment que le dossier n'apportait pas la preuve des faits qui leur étaient reprochés.

«Ces peines ne sont pas satisfaisantes même si elles sont assorties du sursis», a dit devant la presse Me Antoine Vey, avocat de Loïc Rey. «On a en effet le sentiment d'une instrumentalisation de la procédure judiciaire à des fins politiques», a-t-il déclaré. «Aucun des prévenus n'a de casier judiciaire et ils ont tous été interpellés au hasard», a-t-il affirmé en se fondant sur une photo montrant une cinquantaine de personnes saisissant une dizaine de barrières sur laquelle les trois prévenus n'étaient pas identifiables.

«On alimente les thèses complotistes»

Auparavant, l'avocat de Sybille Durant, jeune fille gracile aux cheveux longs enveloppée dans un manteau à col de fourrure, avait ironisé devant le tribunal à propos de «cette crevette qui terrifie les policiers avec sa cannette vide». «Avec des procédures aussi ridicules, on alimente les thèses complotistes», avait-elle lancé.

262 personnes avaient été interpellées après les incidents survenus lors de la dispersion de la manifestation qui avait rassemblé 17.000 personnes, selon la police et 160.000, selon les organisateurs. Dix-neuf policiers ont été blessés lors des affrontements. Aucun n'a été hospitalisé.

La grande majorité des personnes interpellées, soit 226 personnes, avait été remise en liberté lundi. Huit personnes placées en garde à vue ont été déférées mardi devant le tribunal de grande instance pour y être jugées en comparution immédiate.

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