«Jour de colère»: Comment la police et la justice organisent les 250 gardes à vue à Paris

JUSTICE – C’est deux fois plus d’interpellations qu’une nuit ordinaire dans la capitale…

William Molinié

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Des affrontements ont opposé les forces de l'ordre à des manifestants à l'issue du «Jour de colère» contre François Hollande.

Des affrontements ont opposé les forces de l'ordre à des manifestants à l'issue du «Jour de colère» contre François Hollande. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Comment garantir une défense juste et équitable à des centaines d'individus au même moment? Une majeure partie des 250 personnes placées en garde à vue après les débordements à la fin de la manifestation Jour de colère, dimanche, ont été emmenés dans des bus de la préfecture de police (PP), direction rue de l’Evangile (18e) dans le nord de Paris. C’est ici qu’ils se sont vus notifier leur garde à vue, avant d’être «renvoyés» dans d’autres commissariats parisiens pour y passer la nuit.

Ces locaux, situés au 32, rue de l’Evangile, et appartenant à la PP, sont régulièrement mis à contribution dans ce genre de cas. «C’est un lieu de transit où on les recense et où leur garde à vue est prononcée», détaille un policier à 20 Minutes. Une source judiciaire nous précise que les interpellés ont ensuite été répartis dans «tous les services de l'accueil et de l'investigation de proximité (SAIP) parisiens ainsi que dans des commissariats de la petite couronne». Objectif, ne pas engorger les services de la capitale et être en mesure de continuer à traiter les affaires courantes.

Récemment, les veilleurs et opposants au mariage gay ou encore les salafistes après une manifestation anti-américaine en septembre 2012, Place de la Concorde, sont passés par ce site de la rue de l'Evangile.

Défense d’urgence

En temps normal, chaque nuit, entre 50 et 100 gardes à vue sont ordinairement notifiées dans la capitale. Pour assurer leur défense, une liste d’avocats volontaires de permanence est actualisée tous les mois.

«Le nombre de gardes à vue a été doublé la nuit dernière par rapport à une nuit ordinaire. Mais nous sommes préparés à y faire face. Une deuxième liste d’avocats [de permanence, ndlr] est prête pour cela», explique à 20 Minutes, Pierre-Olivier Sur, le bâtonnier de l’ordre des avocats parisiens. Ce dernier se félicite d’avoir «assuré la continuité du service publique de la défense d’urgence».

«Panier à salade»

Dans une vidéo postée sur Internet, on y voit les individus interpellés regroupés sur le site de la rue de l’Evangile. Dehors, entourée de grilles et de barbelés, une jeune femme explique avoir été «prise dans un panier à salades par les CRS». Elle assure attendre depuis trois heures trente dans le froid sans avoir mangé. 

«C’est pas le club Med, non plus! Ils réfléchiront à deux fois avant de charger les policiers en leur envoyant des pavés et des bouches d’égout», s’agace un syndicaliste policier.

Les personnes interpellées ont été placés en garde à vue pour «participation à un attroupement armé, maintien d'un attroupement après ordre de dispersion, violences à l'encontre des policiers, dégradations volontaires». Dix-neuf policiers ont été blessés au cours des échauffourées.

Il revient désormais au parquet du tribunal de grande instance de Paris de décider de prolonger ou non pendant vingt-quatre heures leur garde à vue, avant d’éventuelles poursuites judiciaires. Décision qui devrait être communiquée au cours de la soirée.

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