Illustration d'une femme faisant du sport.
Illustration d'une femme faisant du sport. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La marche, le vélo, l’aviron ou bien la gym comme médicament. C’est la méthode qu’a adopté la ville de Strasbourg à travers un dispositif inédit lancé en novembre 2012.

Intitulé «Sport-santé sur ordonnance», cette expérimentation permet aux habitants de Strasbourg souffrant de certaines maladies chroniques de se faire prescrire une activité physique gratuite auprès de leur médecin traitant, avec ou à la place de médicaments.

Environ 800 ordonnances

Un an environ après son lancement, «près de 800 ordonnances ont été délivrées par plus de 150 médecins généralistes. Aujourd’hui, 500 patients ont pris contact avec notre équipe (un coordinateur et deux éducateurs)», indique Alexandre Feltz, conseiller municipal délégué à la santé.

Entre 30 et 50 nouveaux patients intègrent le dispositif chaque mois. La ville se satisfait des premiers résultats encourageants, s’appuyant sur les résultats d’une évaluation médicale réalisée par la faculté de médecine et les Hôpitaux universitaires de Strasbourg. «Nous n’avions pas les moyens d’inclure les 500 personnes dans notre étude, donc on a pris un échantillon de 65 patients suivis pendant six mois», explique Dr Jehan Lecocq de l’Université de Strasbourg.

«Je ne marche plus, je cours !»

Parmi eux, 48% ont utilisé les activités encadrées de «Sport-santé sur ordonnance» et 30% ont fait du sport en dehors du dispositif. En revanche, 17% de ces patients ont été «perdus de vue». A la clé pour les bénéficiaires du processus : une amélioration significative de la qualité de vie et de l’activité physique. Selon cette enquête, la proportion d’obèses est passée de 73,5% à 62,5%. Un des bénéficiaires a, par exemple, perdu 20kg en quatre mois. Il s’est pris au jeu et va désormais faire des footings : «Je me mets à courir maintenant ! Je ne marche plus, je cours !», se réjouit-il.
Et parmi les 28 patients sondés qui prenaient un traitement médicamenteux, trois l’ont vu diminué. «Le plus significatif c’est la capacité des patients de changer de trajectoires dans la pathologie, assure Alexandre Feltz. On se dit souvent que le traitement est à vie, alors qu’avec ce dispositif certains ont réussi à le diminuer voire l’arrêter».

En octobre 2013 le dispositif a été ouvert aux personnes souffrant d’un cancer du sein et du colon stabilisé. Il pourrait être envisageable, à l’avenir, de l’ouvrir à d’autres pathologies comme les lombalgies.

Un sujet sociétal

William Gasparini, directeur de l’équipe de rechercher «Sport et sciences sociales» à l’université de Strasbourg, a lui aussi mené une évaluation sur ce dispositif, mais avec une approche plus sociétale. «La santé est la deuxième préoccupation des Français, mais il y a une inégalité d’accès aux soins : on a alors voulu étudier qui était touché par ce dispositif et comment», explique le professeur.

A l’issue d’une cinquantaine d’entretiens sur un échantillon représentatif, il a constaté qu’il s’agit en majorité d’une population précarisée, cumulant souvent les pathologies et que la plupart n’avait pas eu, ou très peu, d’apprentissage de l’activité physique par le passé : «70% de ces personnes ne savaient pas faire de vélo. Ils l’ont maintenant intégré à leur rythme de vie», note-t-il.

C’est le cas de cette Strasbourgeoise d’origine algérienne de 61 ans, ayant des problèmes cardiaques, qui a appris à faire du vélo à cette occasion : «Je commence à avoir cette liberté, c’est quelque chose de vraiment très important pour moi !»

>> Vous avez déjà testé le programme «Sport sur ordonnance»? Qu'en retenez-vous? Quels résultats avez-vous obtenu avec?

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