Xavier Mathieu, leader CGT des ex-salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), le 2 janvier 2012, à Paris.
Xavier Mathieu, leader CGT des ex-salariés de l'usine Continental de Clairoix (Oise), le 2 janvier 2012, à Paris. - B.GUAY / AFP

Quatre ans après, les caméras de télévision ont disparu. Mais Xavier Mathieu se bat toujours contre son ancien employeur. Ce vendredi, le conseil de prud’hommes de Compiègne (Oise) doit rendre sa décision. L’ancien leader CGT de l’usine Continental de Clairoix a attaqué son employeur pour «discrimination et entrave». Son but: obtenir sa réintégration. Il explique sa démarche à 20 Minutes.

Pourquoi vous estimez-vous victime de discrimination?

Tout simplement parce que cela fait un an que j’attends ma réintégration dans l’entreprise. Le tribunal administratif d’Amiens a estimé que le licenciement économique des 22 salariés protégés dont moi était illégal. Ils ont tous été réintégrés, sauf moi.

La direction ne vous a-t-elle pas proposé un poste d’agent de sécurité sur le site de Clairoix?

C’est de la fumisterie! L’usine est fermée depuis 2009. Et on sait bien que le site a été revendu. C’est de la poudre aux yeux. La seule question à laquelle je n’ai pas de réponse, c’est pourquoi envoie-t-on les CRS pour libérer les patrons séquestrés et pas pour faire appliquer la décision de justice me concernant.

Pensez-vous payer aujourd’hui pour le combat que vous avez mené?

C’est le lot de tous les gens qui osent se battre pour des idées et refuser l’insupportable.

Que faites-vous depuis le conflit à Continental?

Depuis cinq ans, la seule proposition que j’ai reçue vient du milieu du cinéma. C’est très précaire, stressant, dur. Mais j’ai joué quelques rôles. Le 23 janvier, je dois apparaître dans un téléfilm sur France 2. Surtout, le 27 mars, je serai à l’affiche du film «Toutes nos forces»

 

 

Cela ne vous suffit pas?

Depuis 2010, c’est surtout Pôle emploi qui m’aide. Car la meilleure année payée par le cinéma m’a rapporté moitié moins que ce que je gagnais chez Continental. Aujourd’hui, si je demande ma réintégration, c’est que j’en ai besoin.

Vous craignez, qu’après votre rôle dans le conflit social, personne ne veuille vous embaucher?

C’est un risque, en effet. Mais je ne regrette rien.

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