Un programme de procréation médicale assistée à l'hôpital de la Conception de Marseille.
Un programme de procréation médicale assistée à l'hôpital de la Conception de Marseille. - ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Elles vont venir souhaiter une bonne année à Dominique Bertinotti. Et surtout, formuler le vœu que la ministre déléguée à la Famille fasse preuve d’un «peu de courage» en 2014. Plusieurs collectifs de lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) appellent à manifester, lundi à 19h, devant le ministère de la Famille pour réclamer la légalisation de la procréation médicalement assistée (PMA) pour tous. Aujourd’hui, seuls les couples hétérosexuels à l’infertilité attestée médicalement peuvent y avoir recours en France.

En attendant l’avis du CCNE

Sujet polémique en marge du débat sur le mariage pour tous, la PMA avait finalement été repoussée par le gouvernement qui avait promis, en 2012 puis 2013, de l’intégrer au projet de loi sur la Famille. Mais, invitée vendredi de BFM TV, Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la Famille a finalement annoncé que ce dossier ne figurerait pas dans le projet de loi sur la Famille. «Non, elle n’en fera pas partie. Je le dis très clairement, a reconnu la ministre. Parce que le président a saisi le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et que celui-ci n’a pas encore rendu son avis.»

Les déclarations de la ministre sur BFM (à partir de 10'30)

Mobilisés sur le sujet depuis plus d’un an, les militants de la cause LGBT ont vu dans ses déclarations une nouvelle «dérobade» politique. «C’est aberrant, confie ainsi Johanna, co-fondatrice de l'association FièrEs. Le gouvernement revient sur les engagements pris. Nous allons donc lui montrer que nous ne lâcherons rien en manifestant.»

«C’est un mauvais calcul»

Secoué par les manifestations qui ont émaillé les débats sur le mariage pour tous, le gouvernement de François Hollande ne veut en réalité par prendre de risque, en pleine crise économique, de susciter une nouvelle grogne autour d’un sujet de société. Raison pour laquelle la PMA est repousée régulièrement dans l’agenda législatif.

«C’est un mauvais calcul, pense de son côté Alix Béranger, membre du Collectif Oui Oui Oui. Ils reculent pour ne pas froisser les opposants à ce projet. Mais de toute façon, les opposants ne voteront jamais pour eux. A force de stagner sur des sujets tels que la PMA ou l’euthanasie, je crains que les droits sociaux ne régressent petit à petit et que la France n’en sorte pas vraiment apaisée.» La militante qui doit prendre la parole lors du rassemblement, ce lundi, a notamment prévu de pointer du doigt l’exemple de l’Espagne qui vient de revenir sur l’avortement.

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