Le pessimisme paradoxal des Français

SONDAGE Le pessimisme est partagé par toutes les couches de la société selon une enquête exclusive menée pour 20 Minutes...

Mathieu Bruckmüller

— 

Capture d'écran des voeux pour 2014 de François Hollande.

Capture d'écran des voeux pour 2014 de François Hollande. — 20 MINUTES

Optimisme personnel, mais pessimisme national. Si pour eux-mêmes, 45% des Français estiment que 2014 sera une meilleure que 2013, contre 35% ayant une opinion inverse, en revanche, 61% anticipent que cette nouvelle année sera moins bonne que la précédente pour la société française, selon un sondage exclusif* pour 20 Minutes réalisé par Polling Vox. 

>> A lire aussi: L’incroyable optimisme des jeunes Français pour 2014

Les cols blancs ne sont plus optimistes

Un contraste confirmé par notre enquête de décembre où 62% des personnes interrogées déclaraient que la France faisait face à un «déclin durable» plutôt qu’à des «difficultés passagères» (37%). «Dans les années 90, la France était coupée en deux entre les catégories socioprofessionnelles supérieures  et le reste de la population. Désormais, le pessimisme traverse l’ensemble de la société», explique Jérôme Sainte-Marie, président de Polling Vox. L’étude révèle que 50,2% des cadres supérieurs et des professions libérales tablent sur une année 2014 plus mauvaise que 2013. Et, l’inquiétude des Français a de quoi s’expliquer, estime Jérôme Sainte-Marie.

Le constat dressé par le chef de l’Etat le soir du 31 décembre n’est pas rose, au moment où le chômage tutoie des sommets. Priorité a été donnée à la compétitivité des entreprises,  qui va se traduire par une stagnation des salaires pour les employés du privé ; à la réduction des dépenses de l’Etat, une mauvaise nouvelle pour les fonctionnaires représentant 20% de la population active ; mais aussi au désendettement du pays. Ceci explique des impôts élevés même s’ils pourraient baisser d’ici la fin du quinquennat, envisage le Président. 

«On vit mal la crise de l’Etat-providence»

«La période à venir est difficile dans un pays qui attend toujours beaucoup de la puissance publique dans le domaine économique et social. On vit mal la crise de l’Etat-providence», résume Jérôme Sainte-Marie. «Plus que jamais, il faut aimer la France. Rien n’est pire que le dénigrement de soi. La France, c’est une promesse, c’est un avenir, c’est une chance dans le monde d’aujourd’hui», a répondu François Hollande à l’occasion lors des vœux présidentiels.

Car la France demeure la cinquième puissance économique mondiale. Or, ses habitants sont les plus pessimistes d’Europe d’après une enquête Ipsos mené au printemps. En 2011, un sondage BVA-Gallup international  révélait même qu’ils détenaient la palme au niveau mondial devant les Irakiens et les Afghans.

«La société française a un problème de confiance en soi. Elle anticipe toujours le pire», analyse Jérôme Sainte-Marie. Pourtant après une croissance quasi-nulle en 2013, la croissance devrait rebondir de 0,9% % cette année et même 1,7% en 2015 d’après les prévisions du gouvernement.

*Méthodologie :

Sondage réalisé, avec le soutien de Clameo.fr, par téléphone du 12 au 14 décembre 2013, auprès d’un échantillon national représentatif de 1008 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.