Propos de Dieudonné sur Patrick Cohen: Enquête pour incitation à la haine raciale

ENQUETE Le parquet a ouvert une enquête ce lundi...

avec AFP

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Le journaliste de France Inter Patrick Cohen, le 28 août 2013.

Le journaliste de France Inter Patrick Cohen, le 28 août 2013. — A. MEUNIER/SIPA

Le parquet de Paris a ouvert ce lundi une enquête préliminaire pour «incitation à la haine raciale» sur les propos antisémites de Dieudonné visant le journaliste de France Inter Patrick Cohen, a-t-on appris de source judiciaire.

En décembre, un reportage de «Complément d'enquête» sur France 2 montrait Dieudonné s'en prendre au journaliste, lors d'un spectacle à Paris au théâtre de la Main d'Or, en lançant: «Tu vois, lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu'il ait le temps de faire sa valise». «Quand je l'entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz... Dommage», lançait Dieudonné, déclenchant des rires chez ses fans.

Le parquet de Paris, à qui Radio France avait signalé ces faits, a confié l'enquête à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), a précisé la source judiciaire.

«Espoir d'une condamnation financière lourde»

Dieudonné attaque régulièrement Patrick Cohen depuis que le journaliste a demandé en mars à Frédéric Taddeï, sur le plateau de «C à vous», s'il continuerait à inviter «des personnalités telles que Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral, Marc-Edouard Nabe (...) que les autres médias n'ont pas forcément envie d'entendre».

«Qu'une enquête soit ouverte à l'égard d'un multirécidiviste du racisme, proche de (l'historien révisionniste) Robert Faurisson et de Jean-Marie Le Pen, lorsqu'il regrette les chambres à gaz, c'est plutôt sain», a réagi à l'AFP l'avocat de Radio France Me Richard Malka.

«Il faut maintenant espérer une condamnation financière lourde, car c'est la seule chose qui inquiète vraiment» Dieudonné, a poursuivi l'avocat, jugeant que «c'est quelqu'un qui se dit anti-système mais qui a les deux pieds dans le système financier».

L'avocat de Dieudonné, Me Jacques Verdier, a déclaré à l'AFP que le chef d'incitation à la haine raciale n'était «absolument pas justifié» et que son client «se défend(ait) de manière générale et globale de tout antisémitisme». Il a fait valoir «le contexte» dans lequel les propos étaient tenus, «un spectacle où les gens rient». «Et le rire, c'est la possibilité d'être dans l'outrance, l'énormité, l'absurde», a-t-il ajouté.

Dans le viseur du ministre de l'Intérieur

Dieudonné est dans le viseur du ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui s'apprête à adresser une circulaire aux préfets en vue d'éventuelles interdictions de ses spectacles. François Hollande a apporté son soutien au ministre dimanche depuis Ryad.

La polémique a rebondi samedi avec le soutien ostensible du footballeur Nicolas Anelka, qui a fêté un but avec une «quenelle», geste créé par Dieudonné et interprété par certains comme un salut antisémite.

L'humoriste controversé a été condamné fin novembre en appel à 28.000 euros d'amende pour diffamation, injure et provocation à la haine et à la discrimination raciale pour des propos et une chanson dans deux vidéos diffusées sur internet. Dans l'une des vidéos incriminées, il transforme la chanson d'Annie Cordy «Chaud cacao» en «Shoah nanas». Dieudonné soutient que la chanson fait en réalité référence à des «Chauds ananas».

Il était aussi poursuivi pour avoir affirmé que «les gros escrocs de la planète, ce sont des juifs» dans une interview sur un site qui se présente comme ayant pour mission «d'éveiller la conscience des musulmans».

 

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