Violences faites aux femmes: «Les solutions, on les trouve»

REPORTAGE Rencontre avec la Brigade de protection de la famille, chargée d’accueillir les victimes de violences conjugales, dans le commissariat du 20e arrondissement parisien...

Mathieu Gruel

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Dans le bureau de la Brigade Locale de Protection des Familles (BLPF) du 20e à Paris, le 25 novembre 2013

Dans le bureau de la Brigade Locale de Protection des Familles (BLPF) du 20e à Paris, le 25 novembre 2013 — V. WARTNER / 20 MINUTES

Les violences faites aux femmes? Elles en connaissent un rayon. Dans leur petit bureau de la Brigade locale de protection des familles (BLPF), au deuxième étage du commissariat du 20e à Paris, Céline Giroud et ses six collègues, «dont un homme», sont quotidiennement confrontés aux violences commises au sein du couple.

Et «pour bosser là, il faut aimer l'humain», expliquait la fonctionnaire, ce lundi, aux préfets de police et de la région d’Île-de-France, Bernard Boucault et Jean Daubigny, ainsi qu'au procureur de la République de Paris, François Molins, lors d'une visite organisée à l'occasion de la journée pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Contact humain

Entre ses murs, l'équipe accueille, oriente, écoute, en lien étroit avec une assistante sociale et une psychologue. Jusqu'à quinze personnes peuvent ainsi être reçues dans la même journée. Mais en moyenne, l’équipe dit traiter trois procédures par jour. «Le plus souvent ce sont des femmes, dont certaines clientes fidèles», reconnaît Céline Giroud. «Mais ça arrive que des hommes viennent, souvent dans des cas de violences réciproques».

Et dans ce quartier «qui brasse différentes cultures», l’équipe est là pour inciter les victimes à déposer une main courante, «ou une plainte, comme le fait le plus grand nombre de ces victimes», détaille Kareen Landon, qui a rejoint le service en mai, par «goût du contact humain», elle aussi.

Durant le premier semestre 2013, sur Paris et la petite couronne, 5.166 faits de violences, physiques et psychologiques, ont ainsi été constatés par la direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne. Soit 1.438 pour la seule ville de Paris. En France en 2012, 148 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint.

Alors, devant l’ampleur de la tâche, «c'est vrai que, des fois, je rentre chez moi en ayant mal à la tête», raconte Céline Giroud. Elle n'est pas la seule à dire son «besoin de souffler» face à une atmosphère parfois «très pesante».

Le 39 19 et le 17

Certaines admettent d'ailleurs être parfois «un peu démunies». Notamment quand «certaines victimes, soumises à diverses pressions, viennent retirer leur plainte», ou quand il s'agit de «trouver un hébergement d'urgence», pour extraire quelqu'un d'une situation délicate. L'un des «principaux freins au dépôt de plainte» serait d'ailleurs «la peur de perdre son logement», reconnaît François Joennoz, le commissaire central adjoint. Alors, «parfois on se demande où elles vont dormir le soir», explique Céline Giroud.

Derrière la fonctionnaire, une affiche met en avant le numéro d'écoute anonyme, le 39 19. Mais les personnes qui poussent la porte du bureau sont pour la plupart venues directement, ou après avoir composé le 17. «En situation d’urgence, c’est ce qu’il faut faire. Notamment parce que ça peut permettre aux collègues d’établir un flagrant délit», explique Kareen Landon. Et aussi «parce qu'on règle tous les problèmes à la police», sourit sa collègue.

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