Des élus alsaciens réclament l'abolition de la prostitution

SOCIÉTÉ ns un appel "transpartisan", la pétition demande l'interdiction de l'achat d'actes sexuels, alors qu'une proposition de loi doit être examinée mercredi à l'Assemblée...

V.C. (avec AFP)

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Prostitution à Paris le 1er septembre 2002.

Prostitution à Paris le 1er septembre 2002. — HOUNSFIELD/HADJ/SIPA

Une quarantaine d'élus alsaciens ont signé une pétition pour demander une loi visant à abolir la prostitution, avant l'examen d'une proposition en ce sens mercredi à l'Assemblée nationale. La pétition lancée par les antennes bas-rhinoises du Mouvement du Nid et Osez le féminisme réclame l'interdiction de l'achat d'actes sexuels, la pénalisation des clients, le renforcement de la lutte contre le proxénétisme, la mise en place d'alternatives à la prostitution et une politique de prévention.

«C'est un appel transpartisan»

La députée européenne Catherine Trautmann, l'ancien ministre délégué UMP François Loos, les présidents UMP de la région Alsace Philippe Richert et du département du Bas-Rhin Guy-Dominique Kennel, ainsi que le sénateur-maire PS de Strasbourg Roland Ries et le maire de Mulhouse Jean Rottner (UMP) ont apporté leur soutien à cet appel. Six députés alsaciens ainsi que la sénatrice Fabienne Keller, ancienne maire de Strasbourg, figurent également parmi les signataires.

«Toutes les tendances politiques sont représentées, c'est un appel transpartisan», s'est félicité la coordinatrice du Nid, Isabelle Collot. La pétition réunit également les signatures d'une cinquantaine d'associations féministes, catholiques, du monde de la culture, des syndicats ainsi que le Front de Gauche. «Une loi est nécessaire. Il faut être orgueilleux avec cette loi. La confidentialité de la prise de position n'a pas beaucoup d'intérêt, c'est pourquoi j'ai signé», a expliqué François Loos, candidat UDI à la mairie de Strasbourg présent lors de la présentation.

Débat sur les maisons closes en Allemagne

Les associations qui dénoncent également les violences faites aux prostituées ont rappelé que les choses étaient «en train de bouger» dans plusieurs pays d'Europe, notamment en Allemagne, où l'ouverture des maisons closes refait débat. La proposition de loi contre la prostitution qui doit être examinée à partir de mercredi par les députés suscite déjà des polémiques sur l'aspect de la pénalisation des clients de prostitué(e)s, en prévoyant de sanctionner le recours à une prostituée d'une amende de 1.500 euros, doublée en cas de récidive. Les deux associations souhaitent que la proposition de loi aille plus loin dans la pénalisation en assimilant l'achat d'actes sexuels à un délit et non à une simple contravention.

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